Les actionnaires de STMicro trop rémunérés selon Geneviève Fioraso

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EN BREF – STMicroelectronics pourrait supprimer 2000 emplois dans le bassin grenoblois. Inacceptable pour Geneviève Fioraso, députée PS de l’Isère, qui a dénoncé, ce mardi 8 décembre à l’Assemblée nationale, « la vision court-termiste des dirigeants actuels ». La députée propose, notamment, de réduire les dividendes versés aux actionnaires.

 

 

 

Geneviève Fioraso, députée PS de l'Isère, a été de 2012 et 2015 ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche du gouvernement Ayrault puis secrétaire d'État chargée de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement Valls. © Nils Louna - placegrenet.fr

Geneviève Fioraso, dépu­tée PS de l’Isère. © Nils Louna – placegrenet.fr

Le plan de réduc­tion d’emplois que pré­voit STMicroelectronics dans le sec­teur numé­rique ne passe pas auprès de Geneviève Fioraso. La dépu­tée PS de l’Isère et ancienne secré­taire d’État de l’Enseignement supé­rieur et de la Recherche a inter­pellé à ce sujet Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, via une ques­tion orale, ce mardi 8 décembre 2015 au Parlement.

 

« 2000 emplois sont concer­nés » dans le sec­teur digi­tal « majo­ri­tai­re­ment loca­lisé à Grenoble », s’est elle alar­mée.

 

La stra­té­gie de l’entreprise STMicro n’est pas la bonne, selon la dépu­tée. C’est une « vision court-ter­miste », a‑t-elle déclaré à l’Assemblée natio­nale, se fai­sant ainsi la porte-parole de l’intersyndicale des sala­riés du groupe franco-ita­lien qui ont récem­ment mani­festé à Grenoble. L’intersyndicale avait, par ailleurs, été reçue par le ministre en novembre der­nier.

 

 

 

« Réduire le niveau de dividendes aux actionnaires »

 

 

Quelle stra­té­gie doit suivre STMicro pour évi­ter de sabrer son sec­teur digi­tal ? Selon la dépu­tée, il lui faut faire tout le contraire : « relan­cer et confor­ter le modèle inté­gré de STMicro ». Autrement dit, « main­te­nir la R&D [recherche et déve­lop­pe­ment, ndlr] jus­qu’à la pro­duc­tion indus­trielle des sys­tèmes minia­tu­ri­sés ».

 

Rassemblement de salariés de STMicro devant la préfecture de l'Isère. © Joël Kermabon - placegrenet.fr

Rassemblement devant la pré­fec­ture de l’Isère. © Joël Kermabon – placegrenet.fr

Or cette stra­té­gie requiert des moyens finan­ciers que l’entreprise ne semble pas déci­der à consen­tir… Ses inves­tis­se­ments seraient aujourd’hui « à hau­teur de 7 % de son chiffre d’af­faires glo­bal, contre 20 % pour ses concur­rents du sec­teur », s’in­quiète la dépu­tée PS.

 

La société n’a peut-être pas les moyens de cette stra­té­gie ambi­tieuse ? La dépu­tée pro­pose, pour com­men­cer, de « réduire le niveau de divi­dendes aux action­naires – dont le mon­tant est dis­pro­por­tionné par rap­port aux résul­tats – au pro­fit d’in­ves­tis­se­ments ciblés et stra­té­giques ».

 

 

 

« Développer une stratégie européenne »

 

 

Geneviève Fioraso exhorte éga­le­ment l’État fran­çais, action­naire de STMicroelectronics, à hau­teur de 13,5 % – et donc déci­sion­naire – de peser de tout son poids pour « déve­lop­per réso­lu­ment une stra­té­gie euro­péenne ». Et de citer le pro­jet qui lui semble exem­plaire en la matière. En l’occurrence le pro­jet Airbus Chips que pro­pose Jean-Jack Queyranne, pré­sident sor­tant de la région Rhône Alpes et… acces­soi­re­ment can­di­dat de la liste de gauche pour les régio­nales Auvergne – Rhône-Alpes.

 

Pour finir, la dépu­tée invite le ministre Emmanuel Macron à lui « indi­quer les actions que mènera […] l’État action­naire fran­çais […], ainsi que le calen­drier dans lequel elles s’inscriront, sachant que le temps presse dans un sec­teur aussi concur­ren­tiel à l’international ».

 

Excusant le ministre Macron absent, c’est Christian Eckert, secré­taire d’État au Budget auprès du ministre des Finances et des Comptes publics, qui a répondu à la dépu­tée. Celui-ci s’est exprimé dans une rela­tive langue de bois, sans appor­ter aucun élé­ment sur le plan de réduc­tion des effec­tifs qui se pro­file chez STMicroelectronics – ni même l’é­vo­quer d’ailleurs – et sans répondre pré­ci­sé­ment aux pro­po­si­tions de la dépu­tée.

 

Il a cepen­dant assuré que l’État était bien impli­qué dans le déve­lop­pe­ment de STMicroelectronics et que les « ser­vices de l’État étaient en contact régu­liers avec l’en­tre­prise depuis plu­sieurs années ». Une réponse qui n’aura sans doute pas tout à fait satis­fait Geneviève Fioraso… ni les sala­riés.

 

 

Séverine Cattiaux

 

 

N.B. : Article com­plété le 9 décembre à 9 h 45, suite à la réac­tion de Christian Eckert.

 

 

Salariés en tenue à l'intérieur de l'usine STMicroelectronics de Crolles. © Artechnic

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