La photo autochrome en vedette au musée dauphinois

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Le Grand challenge le plus grand parcours d

FOCUS – Le musée dauphinois remet au goût du jour les photographies autochromes dans sa nouvelle exposition « Premières couleurs », ouverte gratuitement au public jusqu’au 21 septembre 2015. Cette technologie des frères Lumière, qui révolutionné la photographie en 1907, révèle notamment les couleurs de paysages montagneux parfois inaccessibles au grand public. 

 

 

 

 

Vue sur le Mont-Blanc, Henri Bussille. Exposition sur la photographie autochrome au musée dauphinois.

Vue sur le Mont Blanc, Henri Bussillet. © Collection musée dauphinois

 

Arrivé au premier étage du musée dauphinois, le visiteur est d’emblée plongé dans la pénombre. Et pour cause, les plaques photographiques autochromes à l’honneur de l’exposition “Premières couleurs” se détériorent très vite au contact de la lumière. Une fragilité qui explique que celle-ci ne dure que jusqu’au 21 septembre 2015, date des journées du patrimoine, rappelle Jean Guibal, directeur du musée dauphinois.

 

 

Franck Philippeaux, conservateur du musée dauphinois. Exposition sur la photographie autochrome au musée dauphinois.

© Ludovic Chataing

Franck Philippeaux, conservateur du musée dauphinois, explique ce qu’est l’autochrome.

 

 

À la mode de 1907 à 1936, cette technique industrielle permit de populariser la photographie en couleur. Inventée par les frères Auguste et Louis Lumière, la plaque autochrome, prisée par les bourgeois amateurs, révéla au monde de nouveaux paysages colorés. En Isère, les coins de montagnes inaccessibles furent ainsi la cible privilégiée des photographes contemporains.

 

« Il y a un grand succès de ces images qui ne sont pas formatées », au contraire de leurs homologues numériques, qui peuvent paraître « lisses ou froides », estime Franck Philippeaux. Un succès de la photographie autochrome qui s’explique, selon lui, par « une identité forte, propre, très sensible ».

 

 

 

Plus de 300 autochromes

 

 

L’équipe du musée dauphinois ne pensait pas posséder suffisamment de plaques autochromes pour exposer. Mais en faisant ses comptes, elle s’est finalement aperçue qu’elle possédait 308 autochromes issues de quatre fonds différents. Sans en oublier 34 autres d’auteurs inconnus. « Suffisant pour faire une exposition ! », se réjouit le directeur Jean Guibal.

 

Parmi les artistes autochromistes locaux de l’époque, le peintre Jules Flandrin, les alpinistes et photographes amateurs Henri Bussillet et Maurice Dodero, mais aussi un cinéaste averti : Jean Jacques. D’autres collections de plaques autochromes ont par ailleurs été fournies par la bibliothèque municipale de Grenoble et l’association Les amis de Pierre Élisée Grange.

 

 

 

 

Vitrines et couloir d’argent

 

 

Quelques lumières éclairent, subtilement, cette exposition d’un autre temps. On peut y voir, incrustées dans les murs, des vitrines consacrées aux appareils de photographie. Mais aussi des boutons poussoirs pour éclairer, les plaques autochromes, l’espace de quelques instants.

 

Un “couloir d’argent” permet également aux curieux de mieux comprendre le processus scientifique de la plaque autochrome. À savoir, la traversée du filtre trichrome par les photons.

 

 

 

 

Pièce par pièce, les visiteurs sont amenés à découvrir ces œuvres, parfois imprimées en format extra-large, dans les coins et recoins de l’exposition. Autres pièces originales : le registre du cinéaste Jean Jacques, dans lequel est répertorié chacun de ses clichés, mais aussi, disposés ici et là, des outils utilisés par les photographes.

 

Le processus de fabrication de cette technologie des plus innovantes de l’époque est également présenté par le menu, avec ses imperfections et ses faiblesses. Plus loin, des plaques autochromes abîmées montrent la fragilité du support : plaques de verre cassées, tâches noires sur la plaque dues au processus d’oxydoréduction…

 

 

 

Jean Guibal, directeur du musée dauphinois, dans la salle autochromaton. Exposition sur la photographie autochrome au musée dauphinois.

Jean Guibal, directeur du musée dauphinois. © Ludovic Chataing

Votre portrait autochromé

 

 

Cerise sur le gâteau, l’exposition se termine par un studio “autochromaton”. Les passionnés de photographie autochrome ou les petits adeptes de selfies pourront ainsi se faire prendre en photo, debout ou assis dans un fauteuil d’époque, avec ou sans couvre-chefs.

 

Tenté(e) par l’expérience ? Envoyez vos photos par mail à l’adresse musee.dauphinois@cg38.fr afin qu’elles soient traitées “façon autochrome” par l’équipe du musée et vous soient renvoyées, quelques jours plus tard.

 

Gloire ultime, votre portrait autochrome finira affiché sur une visionneuse-écran de la salle autochromaton. En attendant une hypothétique statue au musée Grévin, vous serez d’ores et déjà célèbre au musée dauphinois !

 

 

Ludovic Chataing

 

 

 

Dates de l’exposition : du 22 mai au 21 septembre 2015.

Horaires d’ouverture : ouvert tous les jours, de 10 heures à 19 heures (fermeture à 18 heures à partir du 1er septembre).

Entrée gratuite

Téléphone : 04 57 58 89 01

 

 

En attendant une visite sur place, découvrez quelques autochromes de la collection du musée dauphinois : des portraits d’hommes et de femmes, des paysages de montagne aux couleurs parfois sombres, teintés d’imperfections… Des particularités qui font tout le charme de cette technologie d’époque qui nécessitait plusieurs dizaines de secondes de pause.

 

 

 

 

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