Le blog économie de Jean-François Ponsot

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Les économistes ont mauvaise réputation. A juste titre. On ne comprend rien à leurs explications, la réalité n’est pas conforme à leurs modèles, leurs prédictions sont fausses, et ils ne sont jamais d’accord entre eux. Pourtant, les économistes s’emploient à faire croire que leur discipline – la Science économique – est une véritable science, une science dure, une science exacte. Sous couvert, très souvent, d’un usage exubérant des mathématiques…

 

 

 

Jean-François Ponsot économiste grenoblois, membre élu au CA des économistes atterrés. DR

Jean-François Ponsot économiste grenoblois, membre élu au CA des économistes atterrés. DR

Cette impression de malaise vis-à-vis de l’économie, je l’ai eue aussi lorsque j’étais sur les bancs de l’université. Peu importe le réalisme des hypothèses, ce qui compte, c’est la cohérence du modèle et le réalisme des conséquences, nous disait-on, dans le sillage du pape de l’économie néoclassique de la fin du XXe siècle, Milton Friedman.

 

Heureusement, j’ai vite appris, grâce à l’ouverture d’esprit et à la passion de certains de mes professeurs, que tout ceci n’était qu’une vile posture. La rencontre avec l’économiste iconoclaste Bernard Maris, la lecture de ses ouvrages et chroniques, n’ont fait que renforcer cette conviction.

 

 

 

Vous avez dit économie ?

 

 

L’économie n’est pas une science exacte. L’être humain n’est pas un homo œconomicus, un être rationnel, un automate qui optimise systématiquement ses choix pour un maximum de gains. L’économie n’est pas l’affaire d’équilibres. En réalité, cela, je le savais depuis mon enfance, vécue, pour partie en Afrique. L’informel, l’irrationnel, l’incertain, bref l’humanité, est partout. Elle explique l’ordre des choses qui nous entoure.

 

Des femmes sur un marché en Afrique. DR

Des femmes sur un marché en Afrique. DR

L’économie n’est rien sans l’histoire, la sociologie, la psychologie et surtout la politique. L’économie est politique. J’ai pu le constater à de nombreuses reprises. Par exemple, lorsque j’étais post-doctorant à la Banque centrale de l’Équateur, les économistes du département de recherche m’ont expliqué pourquoi le remplacement de la monnaie nationale par le dollar américain devait plus à la construction d’un compromis politique en Équateur qu’à des raisons purement économiques.

 

Aujourd’hui, à mon tour, je transmets cette vision de l’économie sur les bancs de la fac. A l’université, en France et à l’étranger, en école de commerce, dans des instituts de science politique. Mais aussi, en dehors de la fac, avec le collectif des Économistes atterrés, dans la perspective de contribuer au débat citoyen.

 

 

 

Pourquoi un blog économie sur Place Gre’net ?

 

 

Ce blog a un triple objet :

• Décrypter l’actualité économique ;

• Expliquer des concepts ou théories économiques avec des termes simples ;

• Fournir des clés pour comprendre le monde économique qui nous entoure.

 

Attention ! La démarche n’est pas aisée. Le lecteur devra accepter, parfois, de remettre en question certaines de ses propres certitudes. Car, comme le disait le grand économiste John Maynard Keynes, « la difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes ». L’économie n’est pas une science exacte, on vous dit !

 

 

Jean-François Ponsot

 

 

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Commentaires 4
  1. Bravo pour cette vitrine de l’économie. Sur la Place Grenette, nous devons abaisser notre regard sur l’Isère, ce qui est un exercice difficile. Pensez globalement, agissez localement.

    Une nouveauté locale me semble parfaitement adaptée pour aborder le triple objet du blog, décrypter, expliquer, fournir des clés. La nouveauté est originale, puissante, et utile. Il s’agit de la proposition de la Caisse d’Épargne de prêt pour les jeunes de 10 000 € au taux exceptionnel de 0,9%. Comment peut-on donner l’argent de l’épargnant avec un intérêt aussi faible ? Expliquons, donnons les clés.
    Notre économie ne se développe plus grâce aux vertus du capital, ce que l’on appelle le système capitaliste, mais selon un mécanisme de production d’argent à la demande de l’emprunteur. Le « prêt » de la banque est en réalité une création monétaire pure, elle ne doit rien aux épargnants. C’est génial ! Les états ont confié aux banques l’exclusivité de cette création monétaire pour l’emprunteur, selon de règles précises. En particulier la banque s’engage à faire rembourser l’emprunteur, autrement elle devra puiser sur le fond de ses clients. Dur dur. Le capital n’est plus le moteur de l’économie ; entre les mains de nos financier chéris, il est devient l’outil très performant de prédateurs. Le nouveau moteur de l’économie est l’endettement, nous sommes passé dans le monde de l’ « endettementalisme ». Voilà ce qu’il faut comprendre en lisant l’annonce de la Caisse d’Épargne sur nos bus. Je salue l’initiative courageuse de la Caisse d’Épargne.

    Je me demande si l’offre de la Caisse d’Épargne ne va pas mettre en difficulté l’Adie à Grenoble, association de micro-crédit fondée sur les principes de l’indien Yunus, qui accorde des prêts de montant équivalent avec des taux d’intérêt bien plus élevés. L’Adie présente quelques atouts importants pour le jeune entrepreneur ; elle lui fournit un accompagnement de qualité avec ses bénévoles expérimentés,dont j’ai fait parti avec plaisir il y a quelques années ; elle propose des formations efficaces en gestion, en vente et en marketing. Il me parait risqué de prêter aux jeunes sans offrir ces services. Voyons comment demain se construit.

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  2. L’économie n’est pas une science exacte? En fait, il convient de distinguer entre les comportements, sur ce point Jean-François a parfaitement raison, et la logique des systèmes et institutions (capitalisme, systèmes monétaires, etc.). Dans ce dernier cas, l’analyse peut être erronée ou exacte. Prenons l’exemple de la monnaie. Est-ce un pur nombre? une dette des banques? est-elle endogène? exogène? créée ex nihilo ou bien par multiplication d’avoirs préexistants? Comme l’écrivait Gladstone, l’étude des questions monétaires a rendu fou plus d’un homme. Non qu’il s’agisse de questions relevant de l’irrationnel, de l’informel, de l’incertain, mais de questions complexes réclamant des réponses exactes, d’autant plus difficiles à formuler que comme Keynes le soulignait effectivement l’économiste est bien souvent prisonnier de ses préconceptions et des idées anciennes (on peut ajouter ici l’idéologie), par exemple, l’idée que la monnaie brise le troc.

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