La Guerre sur écrans dans deux musées grenoblois

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REPORTAGE – Le musée de Grenoble et le musée de la résistance et de la déportation de l’Isère se sont associés pour présenter sous format numérique l’œuvre de Othon Friesz, La Guerre. Cette exposition, intitulée “1915, fragments d’histoire”, permet de la découvrir sous deux visions différentes et gratuitement en partant du musée de la résistance. 

 

 

 

Guy Tosatto (à droite), directeur du musée de Grenoble, devant le tableau La Guerre face à Olivier Cogne (à gauche), directeur du musée de la résistance et de la déportation. © Ludovic Chataing

Guy Tosatto (à droite), direc­teur du musée de Grenoble, devant le tableau La Guerre face à Olivier Cogne (à gauche), direc­teur du musée de la résis­tance et de la dépor­ta­tion. © Ludovic Chataing

 

Que se passe t‑il quand on mélange art et l’his­toire ? Eh bien, cela donne une expo­si­tion d’un genre nou­veau : une “explo­ra­tion numé­rique” inti­tu­lée “1915 Fragments d’his­toire”. Un concept inno­vant – fruit du par­te­na­riat entre le musée de Grenoble et celui de la résis­tance et de la dépor­ta­tion de l’Isère – créé autour de La Guerre, œuvre d’Othon Friesz. Cette der­nière a été réa­li­sée durant la pre­mière Guerre mon­diale par son auteur, revenu blessé du front.

 

 

16 fragments de puzzle

 

 

L’immense pein­ture, expo­sée au musée de Grenoble, vit son moment de gloire puis­qu’elle est mise en valeur par deux écrans numé­riques tac­tiles, un dans chaque musée, qui décryptent chaque scène du tableau. En tout, 16 frag­ments de puzzle ont été consti­tués, cor­res­pon­dant à autant de thèmes qui ont mar­qué l’ar­tiste : l’in­va­sion, les sol­dats, l’en­fer, l’es­poir…

 

Les visi­teurs ont ainsi la pos­si­bi­lité de décou­vrir l’œuvre de manière plus moderne, d’a­gran­dir l’i­mage numé­rique, de la “tou­cher”, en quelque sorte, grâce à l’é­cran tac­tile.

 

[Vidéo sup­pri­mée]

 

Le par­te­na­riat noué entre les deux musées gre­no­blois ne s’ar­rête pas là. Le dis­po­si­tif numé­rique apporte sans conteste un côté ludique. Il s’a­git “d’a­dop­ter des pièces” sur l’é­cran tac­tile de l’œuvre d’Othon Friesz. Une fois la pièce choi­sie, une ques­tion appa­raît pour sus­ci­ter votre curio­sité. Si la réponse ne vous vient pas, vous pou­vez aller la cher­cher dans l’autre musée. L’écran vous four­nit, en effet, un code de 8 carac­tères à noter sur un docu­ment prévu à cet effet que vous entrez sur l’é­cran de l’autre musée.

 

[Vidéo sup­pri­mée]

 

À noter : si vous démar­rez au musée de la résis­tance et de la dépor­ta­tion, dont l’en­trée est gra­tuite, vous pour­rez accé­der au musée de Grenoble tout aussi gra­tui­te­ment (à condi­tion d’a­voir récu­péré le tam­pon dudit musée). La dis­tance entre les deux lieux n’est pas un pro­blème. Il suf­fit de mar­cher 5 à 10 minutes, en sui­vant le plan fourni si l’on connaît mal les rues de la ville.

 

 

 

La Guerre, une œuvre qui s’y prête

 

 

Ce pro­jet numé­rique inédit dans ces deux musées a été ini­tié par Éric Chaloupy, média­teur au musée de Grenoble. Pour réus­sir à marier art et his­toire, il fal­lait, avant tout, une œuvre qui s’y prête. La Guerre d’Othon Friesz a cette par­ti­cu­la­rité d’être une des rares réa­li­sa­tions du XXe siècle qui s’ap­puient sur des pho­tos et films de l’é­poque.

 

 

    Eric Chaloupy présentant l'œuvre La Guerre. © Ludovic Chataing

Eric Chaloupy pré­sen­tant l’œuvre La Guerre. © Ludovic Chataing

 

Passionné depuis plu­sieurs années par les guerres, Eric Chaloupy avec son col­lègue Pierre Bastien, ont ainsi pu pous­ser les recherches sur l’ar­tiste jus­qu’au Havre, sa ville d’o­ri­gine. Une enquête détaillée qui a per­mis de récu­pé­rer de nom­breux docu­ments, visibles sur les écrans tac­tiles des deux musées.

 

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Deux univers, l’un historique, l’autre artistique

 

 

Cette explo­ra­tion numé­rique est le fruit d’un tra­vail inédit de col­la­bo­ra­tion entre les équipes des deux musées isé­rois. « Je ne connais­sais pas dans le détail l’équipe du musée de la résis­tance et de la dépor­ta­tion », recon­naît d’ailleurs Guy Tosatto, direc­teur du musée de Grenoble.

 

Pour Olivier Cogne, direc­teur du musée de la résis­tance et de la dépor­ta­tion de l’Isère, c’est un « par­te­na­riat qui n’est pas natu­rel, mais qui s’est extrê­me­ment bien passé ». Sur la même lon­gueur d’onde, son homo­logue retient « une belle ambiance de col­la­bo­ra­tion entre les deux musées ». Un par­te­na­riat gagnant pour les deux musées qui croise deux dimen­sions, l’une his­to­rique et l’autre artis­tique.

 

 

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    Démonstration sur l'écran tactile dédié à l’œuvre La Guerre d'Othon Friesz.               © Ludovic Chataing

Démonstration sur l’é­cran tac­tile dédié à l’œuvre La Guerre d’Othon Friesz. © Ludovic Chataing

 

Ce pas­sage au numé­rique dans les musées « est essen­tiel » pour Olivier Cogne. « Il inté­resse un grand nombre de per­sonne. C’est un dis­po­si­tif inno­vant, qui se veut attrac­tif, ludique osons le mot, même si nous ren­voyons à une période très tra­gique de notre his­toire ». Pour Éric Chaloupy, c’est aussi une nou­velle forme de média­tion pour le public.

 

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L’exposition numé­rique “1915, frag­ments d’his­toire” durera jus­qu’au 12 octobre. Quant à celle sur “Les Poilus”, elle sera pro­lon­gée jus­qu’à cette même date au musée de la résis­tance et de la dépor­ta­tion de l’Isère.

 

 

Ludovic Chataing

 

 

N.B. du 12 octobre 2015 : Les deux vidéos pré­sentes ini­tia­le­ment lors de la publi­ca­tion de l’ar­ticle ont été sup­pri­mées et les tableaux flou­tés sur les pho­tos pour satis­faire aux règles de l’ADAGP en matière de droits d’au­teurs. Cet orga­nisme n’au­to­rise en effet la repré­sen­ta­tion des œuvres dont il gère les droits que pen­dant une courte durée (excep­tion d’ac­tua­lité), sauf à s’ac­quit­ter de coû­teuses rede­vances qui repré­sentent une trop lourde charge pour Place Gre’net.

 

 

 

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