24 heures du sport féminin : les sportives à l’honneur

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FOCUS – Les sportifs : on ne voit qu’eux, il n’y en a que pour eux ! Sur les écrans, partout dans les médias… A la tête des clubs et fédérations, c’est encore la gent masculine qui est omniprésente. Ce samedi 24 janvier 2015, les sportives prennent une petite revanche, avec la deuxième édition des 24 heures du sport féminin. Rendez-vous à toutes et tous au parc Paul Mistral pour un mouvement chorégraphique exceptionnel !

 

 

 

Entraînement de l'équipe féminine de rugby Les Amazones. Photo prise à l'occasion d'un reportage pour l'ouvrage "Isère Intime" (2014) du Club de la Presse de Grenoble. © Gilles Galoyer

Entraînement de l’é­quipe fémi­nine de rugby Les Amazones. Photo prise à l’oc­ca­sion d’un repor­tage pour l’ou­vrage « Isère Intime » (2014) du Club de la Presse de Grenoble. © Gilles Galoyer

 

Il y avait la jour­née de la femme, le 8 mars. Il y a désor­mais la jour­née “de la femme qui fait du sport”, avec les 24 heures du sport fémi­nin orga­ni­sés ce samedi 24 jan­vier 2015.

 

A Grenoble, ren­dez-vous est donné à tous les spor­tifs – hommes, femmes, jeunes, seniors, pro­fes­sion­nels et ama­teurs – dès 14 heures devant la vasque olym­pique du parc Paul Mistral. Au pro­gramme : entraî­ne­ment et échauf­fe­ment, en vue du mou­ve­ment cho­ré­gra­phique (“flash­mob”) prévu à 15 heures. Pour les plus inquiets ou les plus conscien­cieux, la cho­ré­gra­phie est dès à pré­sent dis­po­nible sur le site www.femixsports.fr.

 

Situation cocasse, mais sur­tout preuve d’un grand besoin de recon­nais­sance chez les spor­tives. Le sport fémi­nin a en effet soif de visi­bi­lité, dans un sec­teur mono­po­lisé, à tous les niveaux, par les mâles. A quelques excep­tions près, comme le twir­ling bâton… Petit tour d’ho­ri­zon avec, pour une fois, les cham­pionnes à l’hon­neur.

 

 

 

 

10 % de sport féminin sur les écrans

 

 

Les Amazones @ Gilles Galoyer

Équipe de rugby Les Amazones @ Gilles Galoyer

En mars 2013, le Conseil supé­rieur de l’au­dio­vi­suel (CSA) ren­dait publique une étude sur la visi­bi­lité du sport fémi­nin dans les retrans­mis­sions spor­tives dif­fu­sées à la télé­vi­sion, qu’elles soient gra­tuites ou payantes. Constat sans appel : un défi­cit de visi­bi­lité majeur pour les filles, avec 90 % de sport mas­cu­lin retrans­mis, contre 10 % de sport fémi­nin.

 

Pas de chance pour les filles qui seraient notam­ment sous-expo­sées, du fait qu’elles pra­tiquent des sports moins grand public…

 

 

 

 

70 % des Français plébiscitent le sport féminin

 

 

 

Qu’on ne nous dise pas que la gent fémi­nine ne fait pas d’audience ! Aux JO de Londres, en 2012, 50 % des meilleures audiences ont été recueillies par les spor­tives fémi­nines. Par ailleurs, 70 % des Français de plus de 18 ans déclarent trou­ver le sport fémi­nin aussi inté­res­sant que le sport mas­cu­lin, selon une étude parue en juin 2013 sur Les idées reçues sur le sport fémi­nin d’Havas Sports @ Entertainment. 64 % des per­sonnes inter­viewées décla­raient qu’elles regar­de­raient volon­tiers le sport fémi­nin… s’il y en avait à la télé­vi­sion. Les ins­ti­tu­tions et les médias seraient-ils donc plus fri­leux, pour ne pas dire plus machistes, que les citoyens ?

 

 

Ophélie David, septuple vainqueur du classement général de la coupe du monde de skicross ©Nis Louna

Ophélie David, sep­tuple vic­to­rieuse du clas­se­ment géné­ral de la Coupe du monde de ski­cross.       © Nils Louna

 

 

37 % de licenciéEs… seulement

 

 

 

« La fémi­ni­sa­tion du sport est plus com­plexe à appré­hen­der que par le seul prisme de la dif­fu­sion télé­vi­suelle » note le rap­port du CSA. En effet, il suf­fit de consi­dé­rer les chiffres de la base. Les spor­tives ne repré­sentent que 37 % des licen­ciés spor­tifs en France. Bizarre… Les femmes sont pour­tant aussi nom­breuses que les hommes sur cette pla­nète.

 

« Il y aurait un décro­chage de la pra­tique spor­tive des filles vers 11 – 12 ans » indique Sylvie Druhlon, l’une des orga­ni­sa­trices de la Flashmob, ancienne direc­trice de l’Office muni­ci­pal des sports de Grenoble et adjointe aux Sports durant le man­dat pré­cé­dent. Ce décro­chage inter­roge. Cela veut-il dire qu’à l’en­trée du col­lège les filles seraient gen­ti­ment (et incons­ciem­ment) inci­tées à quit­ter la piste, tan­dis que les gar­çons pour­raient conti­nuer à s’épanouir dans le sport ?

 

 

 

Marie Dorin, double médaillée olympique de biathlon en 2010 ©NilsLouna

Marie Dorin, double médaillée olym­pique de biath­lon en 2010 © Nils Louna

 

 

 

 

Patricia Hermitte alias Bionic Patricia rescapée d’un cancer des os part du parc Paul Mistral de Grenoble le 7 juin 2014 pour un tour de France en vélo

Bionic Patricia, res­ca­pée d’un can­cer, le jour de son départ de Grenoble pour son tour de France en vélo, le 7 juin 2014. © Jacques-Marie Francillon

La ren­contre, l’ou­ver­ture aux autres

 

 

 

Autre frein à la pra­tique spor­tive : le voile porté par cer­taines Musulmanes. Faudrait-il que les clubs orga­nisent des séances spé­ci­fiques pour les femmes spor­tives voi­lées ? Question, très polé­mique, qui ne doit faire pas oublier les objec­tifs du sport : « au-delà du plai­sir du jeu et des enjeux de santé comme la lutte contre l’obésité, le sport c’est la ren­contre, l’ouverture aux autres » rap­pelle Sylvie Druhlon.

 

 

 

 

 

 

MarieLaureBrunet©NilsLouna002

Marie-Laure Brunet, double médaillée olym­pique de biath­lon en 2010. © Nils Louna

Oh hisse, les fédé­ra­tions !

 

 

 

A l’instar de cer­taines pro­fes­sions, des dis­ci­plines spor­tives semblent la chasse gar­dée des gar­çons. Faut-il aller jusqu’à mettre en place des quo­tas de filles dans les clubs ? Peut-être pas… Car les fédé­ra­tions sont encore loin d’a­voir fait le maxi­mum pour les atti­rer.

 

Entre 2008 et 2012, les dis­ci­plines “voile”, “rugby à XIII” et “pêche à la mouche” sont les sports et loi­sirs qui ont enre­gis­tré les plus fortes pro­gres­sions en matière de licen­ciées, selon le minis­tère. Et ce n’est pas ren­ver­sant : la voile est pas­sée, par exemple, de 21 % à 33 % d’adeptes.

 

Le bât blesse quand on sait que chaque fédé­ra­tion signe un contrat d’objectifs avec le minis­tère des Sports afin de mettre en place des opé­ra­tions spé­ci­fiques pour les filles. « Et ces sommes ne sont pas négli­geables » pointe Sylvie Druhlon. Enfin, les col­lec­ti­vi­tés et les spon­sors ont aussi un rôle à jouer, en condi­tion­nant leurs sou­tiens finan­ciers et logis­tiques à une réelle volonté de mixité.

 

 

 

 

Encadrement sportif : trop peu de femmes

 

 

 

Autre pro­blème struc­tu­rel : la place ridi­cule lais­sée aux femmes dans les équipes d’encadrement, que ce soit dans les ins­tances diri­geantes des fédé­ra­tions, les ligues ou les socié­tés spor­tives pro­fes­sion­nelles.

 

 

Un "8 féminin" de l'Aviron grenoblois, "Isère Intime", Club de la Presse @ Gilles Galoyer 2

Un “8 fémi­nin” de l’Aviron gre­no­blois,  dans l’ou­vrage « Isère Intime » (2014). © Gilles Galoyer

 

 

Sur 115 fédé­ra­tions de sports – dont 31 olym­piques, 60 non olym­piques et 24 mul­ti­sports – on compte à peine 14 pré­si­dentes de fédé­ra­tions, 15 femmes tré­so­rières et 25 secré­taires géné­rales. Et sur 1 600 postes de cadres tech­niques (entraî­neurs, conseillers tech­niques), seule­ment 7 % de femmes. Il coule de source que l’encadrement n’étant pas l’image de la société, les filles sont moins enclines à pous­ser la porte de cer­tains clubs.

 

Championnes gre­no­bloises d’a­vi­ron : Margaux Segrais, Laura Tarantola, Noémie Kober, Léa Duret @ DR

 

 

 

Haut les cœurs !

 

 

 

Championnes d'escrime du Club d'escrime Grenoble Parmentier: Gaëlle Didier, Isabelle Pegliasco, Amélie Awong et Océane Tahé

Championnes d’es­crime du Club d’es­crime Grenoble Parmentier : Gaëlle Didier, Isabelle Pegliasco, Amélie Awong et Océane Tahé.

Profitons de cette jour­née – orga­ni­sée par le Comité régio­nal olym­pique et spor­tif, le comité dépar­te­men­tal olym­pique et spor­tif et Femixsport – pour rap­pe­ler que le sport fémi­nin est très bien repré­senté à Grenoble, en Isère et en Rhône-Alpes, avec des cham­pionnes dans de très nom­breuses dis­ci­plines : ski, foot, avi­ron, escrime, rugby, gym­nas­tique, bad­min­ton, etc.

 

Reines d’un jour ?

 

 

Séverine Cattiaux

 

 

 

Ligue contre le cancer
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