Go citoyenneté joue la carte de l’union… critique

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FOCUS – Après le drame de Charlie Hebdo et les interrogations qu’il a suscitées, voici venu le temps de l’action pour Go Citoyenneté… et de la communication. A l’orée des élections cantonales, le mouvement politique manifeste son souhait d’aller de l’avant en adoptant une nouvelle dynamique. L’occasion aussi de tirer un premier bilan, tout en demi-teinte, des neuf premiers mois de l’équipe de Éric Piolle.

 

 

 

La marche républicaine, un grand moment de rassemblement à l'échelle nationale. © Maïlys Medjadj - placegrenet.fr

La marche répu­bli­caine du 11 jan­vier 2015 : un grand moment de ras­sem­ble­ment à Grenoble. © Maïlys Medjadj – placegrenet.fr

« Un habi­tant sur quatre de Grenoble est des­cendu dans la rue le dimanche 11 jan­vier, c’est énorme ! »

Sylvie Barnezet, copré­si­dente de Go Citoyenneté, l’af­firme haut et fort : « Face aux ques­tions qui res­tent désor­mais posées, il ne peut y avoir que des réponses sécu­ri­taires ou des réponses qui reposent sur la lutte contre les inéga­li­tés ». Pour Go citoyen­neté, l’é­vé­ne­ment a révélé les ten­sions qui existent dans cer­tains quar­tiers. D’où la néces­sité de créer des espaces de débats et d’é­changes.

 

 

 

Sortir de l’entre-soi

 

 

L’heure du renou­veau a‑t-elle sonné ? Go citoyen­neté, qui veut y croire, envi­sage plu­sieurs axes. Notamment, renouer le contact avec les col­lec­tifs d’ha­bi­tants, les asso­cia­tions et les jeunes. Mais aussi recréer des liens avec les citoyens qui n’ont pas voix au cha­pitre et favo­ri­ser l’in­ter­cul­tu­ra­lité. « Être dans la proxi­mité au quo­ti­dien, c’est quelque chose que nous avons com­mencé à retra­vailler en favo­ri­sant l’accompagnement et le lien vers le poli­tique » explique Sylvie Barnezet.

 

Les assises citoyennes à la MC2

Assises citoyennes à la MC2 – © Joël Kermabon – Place Gre’net

Go citoyen­neté ne pié­ti­ne­rait-il pas les plates-bandes des conseils citoyens, si chers à l’ac­tuelle majo­rité ? Paul Bron, conseiller muni­ci­pal de l’op­po­si­tion de gauche, s’en défend, avec un tacle au pas­sage. « Nous pen­sons que les conseils citoyens sont plu­tôt une bonne chose mais nous ne sommes pas dans la logique de par­ti­ci­per à des col­lec­tifs où l’on ne retrou­ve­rait que des mili­tants ou des membres de réseaux ».

 

L’élu parle en connais­sance de causes, puis­qu’il fait par­tie de la com­mis­sion extra-muni­ci­pale mise en place cou­rant décembre. « A par­tir de là, deux solu­tions sont pos­sibles : le tirage au sort ou bien l’in­ven­tion d’autres formes de com­mu­ni­ca­tion – ce que la ville n’a pas fait – pour aller au contact de groupes ou d’as­so­cia­tions qui ne pensent pas comme eux. » Bref, sor­tir de l’entre-soi, selon l’élu. « Nous vou­lons per­mettre à la popu­la­tion de pou­voir se mélan­ger et s’en­tendre, dans sa diver­sité, et mul­ti­plier les espaces de dis­cus­sion, notam­ment à tra­vers des col­lec­tifs inter­cul­tu­rels » ren­ché­rit Bahija Ferhat.

 

Autre axe de tra­vail : la mise en place d’une pla­te­forme citoyenne de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise, pour ne pas être « à l’é­troit » à Grenoble. « Les enjeux poli­tiques de la vie de tous les jours ne se situent pas uni­que­ment sur l’é­chelle d’une com­mune. »

 

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Les enjeux poli­tiques se situent aussi au niveau de l’ag­glo­mé­ra­tion pour Go Citoyenneté. © Maison de la mon­tagne

 

 

 

« Une majorité plus écolo que sociale »

 

 

Avant les choix bud­gé­taires cor­né­liens qui devront être faits en février, Go citoyen­neté dresse le bilan des neuf pre­miers mois de l’é­quipe Piolle. Des bons points, des couacs et des incer­ti­tudes. « Notre constat c’est qu’en fait nous avons une majo­rité bien plus écolo que sociale » com­mente Paul Bron.

 

Paul Bron

Paul Bron – © Nils Louna – Place Gre’net

Et d’en­fon­cer le clou : « l’ac­cent est certes mis sur la démo­cra­tie locale mais cette majo­rité ne donne pas de signes spé­ci­fiques de la lutte contre l’i­né­ga­lité sociale, éco­no­mique et édu­ca­tive. Ils n’ont pas de plus-value dans ce domaine-là. Dans le domaine social, nous sommes plus à gauche qu’eux ».

 

Si le mou­ve­ment de gauche a bien acté le main­tien des sub­ven­tions du CCAS, il déplore qu’elles n’aient pas été aug­men­tées, ainsi que l’ab­sence de nou­velles mesures sociales. Paul Bron pointe éga­le­ment le peu de sou­tien à l’ac­ti­vité éco­no­mique et les man­que­ments en matière édu­ca­tive, tels l’é­chec sco­laire de 2 500 élèves gre­no­blois. Des choix bud­gé­taires pour­raient-ils venir le contre­dire ? L’élu en doute au vu de la baisse annon­cée des dota­tions de l’État.

 

Pour autant, pas ques­tion d’in­sul­ter l’a­ve­nir dans le contexte du nou­veau décou­page des can­tons et la mise en place de la Métropole. Alors que les élec­tions dépar­te­men­tales de mars approchent à grand pas, Go citoyen­neté vient de lan­cer un appel au ras­sem­ble­ment. Avec un objec­tif : dépas­ser « concrè­te­ment l’é­qui­li­brage poli­tique tra­di­tion­nel » pour consti­tuer une liste de ras­sem­ble­ment des gauches de Grenoble.

 

 

Joël Kermabon

 

 

 

 

Opposition ? Non, minorité critique

 

Quid du posi­tion­ne­ment actuel de Go citoyen­neté sur l’é­chi­quier poli­tique gre­no­blois ? Sa défaite aux der­nières élec­tions muni­ci­pales n’a pas laissé le mou­ve­ment indif­fé­rent. Ainsi, un nou­veau conseil d’ad­mi­nis­tra­tion a‑t-il été élu et une copré­si­dence mise en place pour bien reflé­ter son carac­tère col­lec­tif.

 

De gauche à droite : Paul Bron, Sylvie Barnezet, Bahija Ferhat

De gauche à droite : Paul Bron, Sylvie Barnezet, Bahija Ferhat – © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

« Avec un seul élu, nous sommes plus la mino­rité cri­tique que l’op­po­si­tion au sein du conseil muni­ci­pal » estime Bahija Ferhat, copré­si­dente du mou­ve­ment, dont elle réaf­firme, au pas­sage, la spé­ci­fi­cité poli­tique. Une pos­ture qui s’a­vère plus confor­table que lorsque Go citoyen­neté fai­sait par­tie de la majo­rité socia­liste. Du moins est-ce l’a­vis de Sylvie Barnezet : « quand on a des élus, on est tout de suite en fron­tal. Là, au moins, cela nous per­met une plus grande liberté d’ac­tion, de prendre du recul ».

 

 

 

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