Des buses anti corneilles dans le parc Paul Mistral

sep article



REPORTAGE – Grenoble-Alpes Métropole a demandé à l’association Harris 73 de faire voler ses rapaces dans le parc Paul Mistral afin d’éloigner les corneilles environnantes, sources de dégradations dans le Stade des Alpes. 

 

 

 

Tahar Méguirèche et sa buse parc Paul Mistral à Grenoble © Arnaud Chastagner - placegrenet.fr

Tahar Méguirèche et sa buse. © Arnaud Chastagner – placegrenet.fr

Perchée sur son gant en cuir, Maya observe la foule qui s’agglutine autour d’elle. Xéna, curieuse elle aussi, n’est pas très loin. Les deux buses au regard noir et pro­fond jettent de rapides coups d’œil. Elles sont vives et n’hésitent pas à décou­vrir les envi­rons en quelques bat­te­ments d’ailes.

 

 

Les cor­neilles, source de dégra­da­tion

 

 

Que viennent faire ces rapaces au cœur de la ville ? Effrayer les cor­neilles. Les employés du Stade des Alpes se sont, en effet, aper­çus der­niè­re­ment que les joints d’étanchéité de la ver­rière étaient par­se­més de trous. L’origine de ces désordres, selon eux ? Les cor­neilles qui vien­draient man­ger des insectes ou boire dans des petites poches d’eau. Leur bec per­ce­rait ces bandes imper­méables, entraî­nant ainsi des fuites au niveau des tri­bunes et donc sur les spec­ta­teurs.

 

 

buse de Tahar Méguirèche au parc Paul Mistral à Grenoble © Arnaud Chastagner - placegrenet.fr

Une buse de Harris per­chée dans le parc Paul Mistral. © Arnaud Chastagner – placegrenet.fr

 

 

Trois buses de Harris dans le parc

 

 

Pour remé­dier à ce pro­blème, Grenoble-Alpes Métropole a demandé à Tahar Méguirèche et à son asso­cia­tion Harris 73 de faire voler, béné­vo­le­ment, trois buses de Harris dans le parc Paul Mistral. Les cor­vi­dés et les rapaces ne s’appréciant guère, l’ob­jec­tif est que les buses fassent fuir les cor­neilles par leur simple pré­sence. Bref, chas­ser les sources de dégra­da­tions que sont les cor­neilles, sans leur faire de mal.

 

Tahar Méguirèche, pas­sionné depuis huit ans par la fau­con­ne­rie, a accepté cette demande dans le seul but d’entraîner ses rapaces dans un nou­vel envi­ron­ne­ment. « Ce geste de ma part est motivé par l’amour que je porte à mes oiseaux. En aucun cas, il n’y a une rému­né­ra­tion dans ma démarche. Je reste béné­vole »sou­ligne-t-il.

 

Buses de Tahar Méguirèche - Parc Paul Mistral  © Arnaud Chastagner

© Arnaud Chastagner – placegrenet.fr

 

 

Expérimentation jusqu’en février, puis en août

 

 

Pour obte­nir des résul­tats posi­tifs, cette expé­rience-test se dérou­lera ponc­tuel­le­ment, à rai­son de deux à trois fois par semaine jusqu’au mois de février, puis repren­dra au mois d’août. Cette pause s’explique par la mue des oiseaux, période durant laquelle la gent ailée renou­velle son plu­mage.

 

Hervé Coffre, chargé d’études faune à la Ligue pour la pro­tec­tion des oiseaux (LPO), en Isère, explique l’i­ni­tia­tive adop­tée :

 

 

 

La pro­chaine fois que vous vous pro­mè­ne­rez dans le parc Paul Mistral, levez les yeux. Vous aper­ce­vrez peut-être les deux femelles Xéna et Maya, ainsi qu’un tier­ce­let, leur congé­nère mâle, plus petit d’un tiers !

 

 

Arnaud Chastagner

 

 

Paysage>Paysages saison 04 été 2020 : spectacles expositions expériences en plein air en Isère
commentez lire les commentaires
3489 visites | 1 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 1
  1. George Orwell avait rai­son quand il écri­vait dans Animal Farm « Tous les ani­maux sont égaux, mais cer­tains le sont plus que d’autres ». Les loups et les vau­tours ont droit à plus de sol­li­ci­tude que les cor­neilles. Faut-il en conclure qu’il vaut mieux s’at­ta­quer à des mou­tons dans les alpages qu’à un stade gre­no­blois inutile et coû­teux ?
    Et pour­tant, quand on a vu des cor­neilles atta­quer en piqué une buse pour l’é­loi­gner de leurs nids, on éprouve une cer­taine sym­pa­thie pour ces oiseaux…

    sep article