Premiers balbutiements pour le chantier des cultures

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REPORTAGE – La ville de Grenoble lançait, ce lundi 8 décembre, le chantier des cultures au Théâtre municipal. Dans une salle bondée, habitants, bénévoles, salariés et membres d’associations culturelles mais aussi élus et agents municipaux ont échangé pendant un peu plus de trois heures sur l’avenir de la culture à Grenoble. Retour sur cette soirée particulièrement animée.

 

 

 

Ils étaient venus nom­breux au Théâtre muni­ci­pal, ce lundi 8 décembre à 18 heures, pour par­ti­ci­per à la soi­rée d’ouverture du chan­tier des cultures. Une ren­contre orga­ni­sée à l’initiative de la muni­ci­pa­lité avec pour objec­tif, selon le maire Eric Piolle, de « s’interroger sur l’héritage et l’avenir de la culture à Grenoble ».
 
Environ 600 per­sonnes, d’après Yves Mathieu, ani­ma­teur de la soi­rée, se sont ainsi retrou­vées dans cet équi­pe­ment muni­ci­pal, qui doit pour la ren­trée 2015 éta­blir un nou­veau pro­jet d’établissement à la demande de la Ville.
 
 Réalisation JK Production.
 
 

Baisse des subventions publiques

 
 
Les sub­ven­tions publiques, il en a été ques­tion dès le dis­cours d’ouverture du maire. Eric Piolle a ainsi rap­pelé que, dans un « contexte qui n’est pas ano­din », avec une baisse des dota­tions de l’État aux com­munes, la muni­ci­pa­lité avait décidé de réduire ses dépenses de fonc­tion­ne­ment pour obte­nir un équi­libre finan­cier. « Il doit y avoir une répar­ti­tion des aides publiques qui vise non pas à arro­ser des oasis déjà bien verts mais à mul­ti­plier le nombre d’oasis dans ce désert de finan­ce­ments publics » a‑t-il ajouté. Un point de vue qu’a rejoint Corinne Bernard, adjointe aux cultures, dans son dis­cours d’ouverture.
 
 
© Joël Kermabon - Place Gre'net - chantier des cultures à Grenoble

© Joël Kermabon – Place Gre’net

« Ce rap­port bila­té­ral ne peut pas conti­nuer »
 
 
Tout en tem­pé­rant, Corinne Bernard a rap­pelé à son tour que la muni­ci­pa­lité n’était pas en mesure d’apporter un accom­pa­gne­ment et des moyens finan­ciers et maté­riels à toutes les asso­cia­tions cultu­relles gre­no­bloises. « Certains acteurs cultu­rels attendent tout de la ville de Grenoble. Il va fal­loir construire ensemble. Ce rap­port bila­té­ral ne peut pas conti­nuer » a‑t-elle expli­qué. Corinne Bernard a ensuite rap­pelé que, dans un souci de trans­pa­rence et de démo­cra­ti­sa­tion de la sub­ven­tion cultu­relle, la muni­ci­pa­lité avait décidé de mettre en place des comi­tés d’avis d’attribution des sub­ven­tions.
 
 
 

« Pas de culture sans droits sociaux »

 
 
Les inter­mit­tents du spec­tacle, en lutte depuis plu­sieurs mois pour leurs droits sociaux, sont ensuite inter­ve­nus pour faire part de leurs pré­oc­cu­pa­tions. « Il n’y a pas de culture sans droits sociaux » a rap­pelé Denis Cugnot du Collectif des inter­mit­tents et pré­caires de l’Isère. Avant d’ajouter que « les inter­mit­tents ne sont pas des pri­vi­lé­giés » et que « la pré­ca­rité est mise en dan­ger à chaque fois que la conven­tion chô­mage est remise sur la table ».
 
Denis Cugnot a ensuite inter­pellé le maire sur la soi­rée des vœux, pré­vue en jan­vier pro­chain. Il a ajouté que le bud­get de 1 500 euros alloué à la com­pa­gnie locale char­gée d’animer la soi­rée était trop juste pour pou­voir rému­né­rer tous les artistes le soir de la repré­sen­ta­tion. Seul point posi­tif, selon lui : grâce à cette repré­sen­ta­tion, la com­pa­gnie pourra se faire connaître et vendre par la suite son spec­tacle.
 
 
 

Débat ou animation ?

 
 
© Joël Kermabon - Place Gre'net - chantier des cultures à Grenoble

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Au cours de cette soi­rée, alors que le public était amené à s’exprimer après s’être concerté par groupe de huit per­sonnes, de nom­breuses inter­ro­ga­tions ont été sou­le­vées et notam­ment sur le débat en lui-même.
 
Plusieurs inter­ve­nants ont ainsi jugé que la forme était sur­pre­nante et rele­vait même de l’animation. Ils ont aussi rap­pelé que ce chan­tier des cultures devait débou­cher sur des actes concrets, tout en expli­quant comme Jean-Paul, retraité, qu’ils « étaient en attente d’une parole poli­tique ».
 
L’expression “culture” a aussi, en elle-même, sou­levé des inter­ro­ga­tions. Différents spec­ta­teurs ont ainsi exprimé l’importance de recon­naître toutes les pra­tiques cultu­relles, y com­pris les arts de la rue.
 
 
 

Vers une mutualisation des moyens ?

 
 
Quant à l’ou­ver­ture, sou­hai­tée par les inter­ve­nants, des équi­pe­ments et des salles aux dif­fé­rentes formes cultu­relles, elle serait déjà mise en œuvre dans l’agglomération. L’un des membres de l’association Kheops Project, qui se pro­duit actuel­le­ment à l’Ampérage, a notam­ment exprimé son sou­hait d’ac­cé­der à des salles plus grandes, telles que la Belle élec­trique ou la MC2.
 
 
© Joël Kermabon - Place Gre'net - chantier des cultures à Grenoble

© Joël Kermabon – Place Gre’net

 
 

Une possible redistribution

 
 
Concernant la ques­tion des aides publiques, der­nier thème de la soi­rée, les spec­ta­teurs ont fait part de leur forte inquié­tude face à la dimi­nu­tion des sub­ven­tions de la Ville aux asso­cia­tions cultu­relles locales. Certains ont par ailleurs sou­levé la ques­tion d’une pos­sible redis­tri­bu­tion de l’argent aux petits acteurs asso­cia­tifs, à l’image d’Alizée Bousset, béné­vole de l’association Hadra.
 
Qu’ont pensé du débat les per­sonnes pré­sentes ? Voici quelques réac­tions recueillies à chaud.
 
Réalisation : JK Production.
 
 
Après cette soi­rée de lan­ce­ment, le chan­tier des cultures se pour­sui­vra tout au long de l’année, avec des ate­liers dont les dates n’ont pas encore été com­mu­ni­quées.
 
 
 
Maïlys Medjadj et Joël Kermabon
 
 
Ouverture Musée Champollion
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