Noema : l’antenne qui fait vibrer Grenoble

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FOCUS - L’Institut de radio-astronomie millimétrique (Iram) basé sur le campus de Saint-Martin‑d’Hères, était en pleine effervescence ce lundi 22 septembre. La raison ? L’inauguration – dans le cadre du projet Noema –, de la première des six antennes radio-télescopiques de nouvelle génération prévues. De quoi faire du radiotélescope millimétrique de Bure le plus puissant de l’hémisphère nord, grâce aux six autres antennes déjà présentes sur le plateau des Hautes-Alpes.

 
 
 

 

Noema Le radiotélescope du plateau de Bure. © IRAM

Le radio­té­les­cope du pla­teau de Bure. © Iram

L’excitation était pal­pable, ce lundi, au sein de l’Institut de radio-astro­no­mie mil­li­mé­trique (Iram). Et pour cause, la mise en place de la pre­mière des six nou­velles antennes radio-téles­co­piques n’a­vait rien du petit évé­ne­ment scien­ti­fique. Pour l’oc­ca­sion, la sor­tie de l’an­tenne a même pu être sui­vie par retrans­mis­sion vidéo en direct du pla­teau de Bure.
 
Preuve sup­plé­men­taire du carac­tère excep­tion­nel de cette ins­tal­la­tion, la pré­sence de nom­breuses per­son­na­li­tés du monde scien­ti­fique et poli­tique franco-alle­mandes. En par­ti­cu­lier Susanne Wasum-Rainer, ambas­sa­drice de la République fédé­rale d’Allemagne, et Élisabeth Verges, direc­trice du minis­tère de l’Éducation natio­nale, de l’Enseignement supé­rieur et de la Recherche.
 
 
 

Grenoble, siège de la radio-astronomie

 
 
 
Fondé en 1979 par le CNRS (France) et la société Max-Planck (Allemagne) l’Iram – Institut de recherche consa­cré à l’exploration de l’univers – s’est élargi en 1990 avec un troi­sième par­te­naire, espa­gnol celui – ci, l’Instituto Geográfico Nacional.
 
 
Depuis son siège situé à Grenoble, l’institut gère deux obser­va­toires : le téles­cope de 30 mètres situé sur le Pico Veleta, à 2 800 mètres d’al­ti­tude, dans la Sierra Nevada en Espagne, et l’inter­fé­ro­mètre du pla­teau de Bure, dans les Alpes fran­çaises. Un com­plexe de six antennes mobiles de 15 mètres de dia­mètre.
 
Ces radio­té­les­copes mil­li­mé­triques per­mettent d’étudier la matière froide de l’univers et de détec­ter des objets que les ins­tru­ments optiques ne peuvent pas voir car ils sont « ense­ve­lis » sous des pous­sières cos­miques et des nuages inter­stel­laires.
 
Les pho­tos com­pa­ra­tives de la nébu­leuse de la tête de che­val prise en ima­ge­rie visible par le Très grand téles­cope de l’Observatoire euro­péen au Chili, d’une part, et par le radio­té­les­cope ins­tallé au som­met du Pico Veleta en Espagne, d’autre part, sont un magni­fique exemple de cette com­plé­men­ta­rité entre les deux types d’instruments.
 
 
Nébuleuse de la tête de cheval.  Imagerie visible; ©ESO Imagerie millimétrique: ©IRAM

Nébuleuse de la tête de che­val. Imagerie visible, à gauche (© Eso) et ima­ge­rie mil­li­mé­trique, à droite (© Iram)

 
 
 

Mesures jusqu’aux confins de l’univers

 
 
 
Les radio­té­les­copes mil­li­mé­triques per­mettent ainsi de péné­trer à l’intérieur des galaxies les plus loin­taines, d’analyser les trous noirs et de suivre le rayon­ne­ment cos­mo­lo­gique pra­ti­que­ment depuis le Big Bang. Les radio-téles­copes de l’Iram, grâce à leur sen­si­bi­lité inéga­lée, sont capables de mesu­rer les ondes radio cos­miques depuis l’intérieur de notre sys­tème solaire jusqu’aux confins les plus éloi­gnés de l’univers.
 
 
 
Sortie de la nouvelle antenne de son hangar d'assemblage

En direct du pla­teau de Bure. © Iram

Notons enfin que les scien­ti­fiques et les ingé­nieurs de l’Iram déve­loppent eux-mêmes, au sein de leurs propres labo­ra­toires, les divers outils et logi­ciels néces­saires à ces études radio-astro­no­miques, en fai­sant appel aux tech­no­lo­gies actuelles les plus sophis­ti­quées. Il n’est pas exces­sif de dire que l’Iram, avec ses deux obser­va­toires, son poten­tiel scien­ti­fique et son savoir-faire tech­nique, occupe une posi­tion de lea­der mon­dial dans le domaine de la radio-astro­no­mie mil­li­mé­trique.
 
Mais cha­cun sait qu’on ne peut pas gar­der une place de lea­der en se repo­sant sur ses lau­riers. D’où le choix de l’é­quipe de l’Iram de mettre en place le pro­jet Noema (Northern Extended Millimeter Array) qui pré­voit l’ajout de six nou­velles antennes radio­té­les­co­piques mobiles aux six déjà exis­tantes.
 
 
 

Performances de haute volée

 
 
 
Ce dou­ble­ment du nombre d’antennes, ajouté au fait qu’un nou­veau sys­tème de rails per­met­tra aux divers téles­copes de se dépla­cer beau­coup plus loin les uns des autres, accroî­tra consi­dé­ra­ble­ment les per­for­mances de ce remar­quable outil. Sans entrer dans les détails théo­riques, rap­pe­lons un prin­cipe phy­sique de base : plus les antennes sont éloi­gnées, plus sen­sibles et pré­cises sont les mesures effec­tuées.
 
Une partie de l'assistance entre deux conférences.©PS

Une par­tie de l’as­sis­tance entre deux confé­rences.                   © Patrick Seyer – placegrenet.fr

 
Le nou­veau com­plexe Noema per­met­tra ainsi des mesures dix fois plus sen­sibles et une réso­lu­tion spa­tiale quatre fois meilleure qu’avec les ins­tru­ments pré­cé­dents. Rendez-vous d’ici quatre à cinq ans pour voir le résul­tat, une fois toutes les antennes en place et opé­ra­tion­nelles.
 
 
Patrick Seyer
 
 
© Photo de une : François Michel – DromeScape
 
 
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Commentaires 1
  1. Bel article très inté­res­sant.
    Je suis ravi d’ap­prendre que le pro­jet Noema se concré­tise par l’i­nau­gu­ra­tion de cette pre­mière antenne nou­velle géné­ra­tion.
    Pouvez-vous m’in­for­mer pour savoir si le nou­veau télé­phé­rique du pla­teau de Bure est opé­ra­tion­nel ?
    Je vous remer­cie pour le lien, ren­voyant sur mon blog (http://dromescape.blogspot.fr/2014/02/les-antennes-de-linterferometre-de.html#), que vous avez inséré dans votre article et d’a­voir choisi une de mes pho­tos en vignette pour illus­trer l’an­nonce de votre article.
    Cordialement.
    François

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