Découverte : la calotte glaciaire serait victime d’un cercle vicieux

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Un groupe de chercheurs grenoblois vient de mettre en évidence que la neige recouvrant la calotte glaciaire groenlandaise au printemps s’assombrissait depuis 2009. Un phénomène qui n’augure rien de bon en matière de fonte des glaces.

 
 

 

Calotte glaciaire au Groenland. DR

Calotte glaciaire au Groenland. DR

Les observations satellites sont formelles : depuis 2009, la calotte glaciaire de printemps est de moins en moins blanche au Groenland. Cette découverte, publiée dans la revue Nature Geoscience par des chercheurs du Centre national de recherches météorologiques (CNRM-Game) et du Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement (LGGE) de Grenoble, pourrait sembler anecdotique. Mais il n’en est rien.
 
La blancheur de la calotte a, en effet, un impact important vis-à-vis du rayonnement solaire. Plus la neige est immaculée, plus elle renvoie de l’énergie solaire. A contrario, une calotte glaciaire moins blanche va davantage absorber la chaleur… et donc fondre plus vite. Dans ces conditions, l’assombrissement observé pourrait bien amplifier le changement climatique sur la calotte dans le futur.
 
Evolution des impuretés de la calotte glaciaire au Groënland de 2009 à 2013 Source http://lgge.osug.fr

Évolution des impuretés à la surface de la calotte glaciaire au Groenland de 2009 à 2013, au printemps. Source : lgge.osug.fr

 

Des poussières minérales en cause

 
 
Mais au fait, d’où vient cette évolution ? Pour les chercheurs grenoblois, deux phénomènes peuvent l’expliquer. Première raison : le grossissement accéléré des grains de neige. Problème, ce facteur, qui a été largement étudié, justifie l’assombrissement croissant de la calotte en été, mais pas les changements observés au printemps.
 
La raison pourrait donc bien être l’augmentation de la concentration d’impuretés qui absorbent la lumière dans la neige. En croisant des données satellitaires, les chercheurs ont en effet mis en évidence une forte augmentation des impuretés dans le manteau neigeux au printemps. Tout porte à croire qu’il s’agit de poussières minérales provenant de terres du pourtour arctique qui connaissent, elles aussi, une fonte plus précoce de leur manteau neigeux. En clair, le réchauffement climatique s’auto-entretiendrait. La calotte glaciaire n’a pas fini d’avoir des sueurs froides…
 
 
Paul Turenne
 
 
 
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