Résistance à la toxoplasmose : la science avance

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Chez le rat Lewis, un gène empêche le parasite de la toxoplasmose de contaminer l’organisme. C’est ce que vient de découvrir une équipe de chercheurs grenoblois, alors que toxoplasma gondii continue d’être une menace pour les fœtus des femmes enceintes non immunisées.

 

 

 

 
Pourquoi des rats résistent-ils mieux que le commun des mortels au parasite de la toxoplasmose qui, chez la femme enceinte non immunisée notamment*, fait planer la menace de malformations graves du fœtus, voire de mort prématurée ?
 

 

Image microscopique d’une cellule humaine infectée par Toxoplasma gondii avec la formation d’une rosette de 8 parasites. Crédit CNRS/Inserm

Image microscopique d’une cellule humaine infectée par toxoplasma gondii avec la formation d’une rosette de 8 parasites. © Crédit CNRS/Inserm.

Des chercheurs grenoblois, qui se penchent depuis 1998 sur ce parasite, viennent de lever un coin du voile.
 
Un gène, le gène NIrp1 situé dans la région du chromosome 10, permettrait à l’organisme des petits rongeurs, des rats Lewis naturellement résistants à toxoplasma gondii, de faire barrière au virus.
 
C’est ce que vient de découvrir l’équipe dirigée par Marie-France Cesbron-Delauw du laboratoire Adaptation et pathogénie des micro-organismes (CNRS/UJF).
 
En collaboration avec des chercheurs toulousains, les scientifiques grenoblois ont mis à jour le mécanisme qui bloque l’action du parasite. Leurs travaux, publiés dans PloS Pathogens, montrent que l’infection est, chez ces rats résistants, contrôlée dès la barrière intestinale.
 
En effet, les cellules macrophages, dans lesquelles le parasite cherche à se multiplier, ont trouvé la parade en se “suicidant”, bloquant ainsi la prolifération, et entraînant la mort, de toxoplasma gondii.
Les rats ont-ils véritablement développé, avec NIrp1, un gène de résistance ? La seule présence de ce gène ne suffit visiblement pas à immuniser contre la maladie. D’autres facteurs et d’autres mécanismes restent à découvrir. A suivre…
 
 
Patricia Cerinsek
 
 
* Le parasite de la toxoplasmose est également dangereux chez les personnes fragiles qui peuvent alors développer des troubles oculaires ou neurologiques, tels que l’épilepsie ou la paralysie.
 
 
 
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