Air pollué : des mesures s’imposent

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FOCUS – Le seuil d’alerte à la pollution de l’air ayant été déclenché, le 13 mars, dans le bassin grenoblois, la préfecture a imposé des limitations de vitesse, dissuadé les particuliers de prendre leur véhicule et même annoncé la gratuité des transports en commun dans l’agglomération ce vendredi 14 mars. Les Grenoblois ont ainsi respiré un air pollué un jour sur huit en 2013. La faute aux particules fines et au dioxyde d’azote, émis par le chauffage au bois et les gaz d’échappement. Des mesures d’urgence s’imposent, pointe Air Rhône-Alpes.

 
 

 

Pollution atmosphérique : limitation de vitesse sur la Rocade Sud de Grenoble

La limitation de vitesse n’y fait rien ou pas grand-chose. La pollution continue d’empoisonner l’air grenoblois. © Véronique Serre

Particules en suspension et dioxyde d’azote continuent plus que jamais d’empoisonner l’air grenoblois. Malgré l’activation des dispositifs d’information et d’alerte — censés sensibiliser les citoyens, en particulier les automobilistes et ainsi réduire les émissions de polluants — les pics de pollution ont dépassé en 2013 les valeurs de 2012 et rejoint les niveaux atteints en 2011.
 
C’est le bilan que dresse Air Rhône-Alpes. Et certaines zones sont plus touchées que d’autres : le nord Isère a connu 58 épisodes de pollution sur l’année, le bassin grenoblois 46. Ainsi, l’air a-t-il été pollué près d’un jour sur six dans le nord Isère et un jour sur huit dans l’agglomération grenobloise. A l’échelle de Rhône-Alpes, peu sont toutefois épargnés. Zones rurales comme urbaines sont logées à la même enseigne.
 
 
Les deux tiers des habitants touchés
 
 
Au cours de l’épisode de pollution du 3 au 18 décembre 2013, « les jours les plus touchés, plus des deux tiers des habitants de la région ont subi une qualité de l’air mauvaise à très mauvaise, alors qu’environ un quart de la surface régionale était exposée », relève Air Rhône-Alpes.
 
L’année 2013 s’est ainsi terminée par seize jours de pollution consécutifs. Presque un record. D’autant que les niveaux atteints crevaient le plafond. Dans le bassin lyonnais et la vallée de l’Arve, les plus touchés, la moyenne journalière a ainsi dépassé 100 microgrammes/m³ pour les particules de moins de 10 microns de diamètre (PM 10), « soit plus de deux fois le seuil de la valeur limite* », relève Air Rhône-Alpes. « Il s’agit de niveaux rarement atteints : moins de dix jours par an ont connu des valeurs supérieures à 100 microgrammes/m³ de 2009 à 2012 ».
 

 

Pollution atmosphérique observée depuis la vallée du Grésivaudan

Décembre 2013 : la pollution atmosphérique était bien visible depuis la vallée du Grésivaudan. Bilan d’Air Rhône-Alpes : 16 jours de pollution consécutifs. © Véronique Serre

 
 
Des mesures d’urgence insuffisantes
 
 
En agglomération, en fonds de vallée comme en bordure des grands axes de circulation, la pollution aux particules et au dioxyde d’azote n’a cure des quelques mesures mises en place. La limitation de la vitesse, peu respectée, a vite atteint ses limites. Quant aux mesures d’urgence — circulation alternée, interdiction aux véhicules les plus polluants, libre circulation sur le réseau de transports en commun — elles restent sur une voie de garage.
 
Et pourtant… « Seule une réduction drastique des rejets peut alors permettre de diminuer des concentrations polluantes, pointe Air Rhône-Alpes. D’où la nécessité de mettre en œuvre des mesures urgentes, voire de les renforcer, en complément d’actions pérennes ». Le ministre de l’Écologie, Philippe Martin, ne disait pas autre chose lors de la troisième réunion du comité interministériel de la qualité de l’air, le 18 décembre dernier. 
 
L’idée serait donc d’élargir le dispositif de circulation alternée à l’ensemble des polluants réglementés. Au-delà de la pollution à l’ozone, celui-ci pourrait ainsi être déclenché lors des pics de pollution aux particules fines.
 
 
Patricia Cerinsek
 
 
 
* La moyenne journalière est fixée à 50 microgrammes/m³ pour les PM 10, à ne pas dépasser plus de 35 jours par an. Pour le dioxyde d’azote, la moyenne horaire est fixée à 200 microgrammes/m³, à ne pas dépasser plus de 18 heures par an.
 
 
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