Une ville pour tous au programme d’E. Piolle

sep article

REPORTAGE – Eric Piolle, tête de liste du Rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes, a présenté dans l’ancien Musée de peinture les « 120 engagements pour Grenoble » de son projet “Une ville pour tous”. Le discours de la tête de liste, entre passé et futur, participation citoyenne et gouvernance, tarification des transports et logement, marque l’entrée définitive du candidat dans la bataille électorale.

 
 

 

Eric Piolle lors de la présentation de la liste Grenoble une ville pour tous. © Guillaume Rantet - placegrenet.fr

Eric Piolle lors de la présentation de la liste Grenoble une ville pour tous. © Guillaume Rantet – placegrenet.fr

Tournant le dos à ses colistiers, appuyé au pupitre, Eric Piolle entame sa prise de parole par une pensée pour la crise ukrainienne. Le candidat apparaît vite ému, sûrement attristé face aux morts d’Europe de l’Est ou peut-être réalisant que tous ses soutiens sont là, derrière lui pour les membres de sa liste, devant lui pour ses militants. Tous là, pour le soutenir dans la dernière ligne de la campagne. « On y est enfin ! » semble-t-il penser.
 
Loin des vieux briscards de la politique, Eric Piolle apparaît même gêné quand les applaudissements ponctuent ses phrases. Son débit rapide – peut-être trop – révèle un manque d’habitude pour les discours, ou son peu d’attrait pour l’exercice. Le candidat revient d’ailleurs sur ses expériences dans la société civile : « Ma formation d’ingénieur m’a permis de savoir que les innovations ne tombent pas du ciel ». Il lâchera même un lapsus à la fin de sa prise de parole : « Grenoble a tous les impôts… les atouts excusez-moi ». Rire dans la salle, et chez la tête de liste qui confirme : « … surtout ces dernières années ! ».
 
 

Une ville, “à la croisée des chemins”

 
 

 

Local Grenoble une ville pour tous rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes Eric Piolle municipales 2014

© Guillaume Rantet – placegrenet.fr

Pour Eric Piolle, l’ancien Musée de peinture, choisi pour présenter son programme, est un  lieu symbolique « si fort pour notre ville, pour notre histoire, pour notre identité », dans lequel lui et sa liste se reconnaissent. « C’est en s’appuyant sur des lieux comme celui-ci que Grenoble a forgé sa puissance : le fameux modèle grenoblois. Comme les fondateurs de cette bibliothèque, nous savons que notre ville est à la croisée des chemins ».

 

Eric Piolle fait ici référence à l’histoire de la capitale des Alpes. Grenoble, la ville de la création des mutuelles ouvrières, du retour du tramway, du premier planning familial… Surtout, celle où « des habitants ont dit stop, tuile à la main, aux privilèges et aux passe-droits ». Un évènement historique qui conduit le candidat à proposer une « fête de la journée des tuiles, juste avant l’été, construite par les Grenoblois pour les Grenoblois ».
 
Il y a dans l’équipe d’Eric Piolle la fierté d’un héritage et la volonté de remettre Grenoble sur le chemin de l’histoire. « La puissance publique ne peut pas continuer de tourner le dos à Grenoble et à ce qui a fait son identité ». Il est 17h30, dans une demi-heure, Matthieu Chamussy accueille Jean-François Copé à son local de campagne, Place Jean Achard. Pas très loin, donc. « Ceux qui ont mis en péril la ville nous donnent des leçons à deux pas d’ici », lance Eric Piolle.
 
 

“2 500 signatures suffiront”

 
 

 

Catherine Rakoze numéro douze sur la liste Grenoble une ville pour tous. © Guillaume Rantet - placegrenet.fr

Catherine Rakoze numéro douze sur la liste Grenoble une ville pour tous. © Guillaume Rantet – placegrenet.fr

Puisque c’est l’objet de la conférence, le candidat présente ses “120 engagements pour Grenoble”. Il sera aidé de Laurence Comparat, Pascal Clouaire et Catherine Rakoze, venus successivement prendre la parole au pupitre pour détailler les engagements énoncés par la tête de liste.
 
A commencer par la participation citoyenne, que Jérôme Safar a mis au-devant de la scène en présentant son programme, et sur lequel Matthieu Chamussy l’a attaqué. « On ne peut pas dire qu’on veut augmenter la participation des citoyens et les laisser en dehors des lieux de décision. 2 500 signatures suffiront pour inscrire une question à l’ordre du jour du conseil municipal, contre 8 000 aujourd’hui ».

 

Le programme d’Eric Piolle contient également deux autres mesures à ce sujet : l’organisation d’un référendum local si une pétition est signée par 8 000 habitants, et la mise en place de budgets participatifs où « les habitants pourront choisir les projets à financer dans leur quartier ».
 
 

Un bouclier social et écologique

 
 
Deuxième thème abordé : le « bouclier social et écologique » : « Nous reverrons toutes les tarifications des services publics locaux ». Et de préciser : « Nous mettrons en place la gratuité des transports en commun des moins de 25 ans et de tous en cas de pic de pollution. C’est la solution pour les protéger de la précarité. C’est bon pour le porte-monnaie et c’est bon pour l’environnement. » Un bouclier comprenant aussi une plus grande progressivité, en fonction des revenus pour les abonnements TAG et Métrovélo.
 

 

Pascal Clouaire, numéro neuf sur la liste Grenoble une ville pour tous. © Guillaume Rantet - placegrenet.fr

Pascal Clouaire, numéro neuf sur la liste Grenoble une ville pour tous. © Guillaume Rantet – placegrenet.fr

Autre point sur lequel Eric Piolle et sa liste veulent voir la prochaine municipalité progresser : la transparence et la gouvernance des élus. « Nous allons rabaisser les indemnités des élus scandaleusement augmentées », annonce Laurence Comparat, en évoquant l’augmentation de 25% des indemnités de 2008. La huitième de liste en profite pour annoncer la limite du cumul entre deux exécutifs. « Plus de politiciens déconnectés des réalités », tel est le vœu d’Eric Piolle, qui souhaite être « un maire au cœur des Grenoblois et non un maire qui regarde les Grenoblois au douzième étage de la mairie ».
 
 

“Des loyers trop chers”

 
 
Enfin, la politique du logement a été largement abordée. Par Pascal Clouaire, tout d’abord, qui a parlé d’un « plan de réhabilitation énergétique des logements ». Par Catherine Rakoze, ensuite, qui a dressé le constat suivant : « Les loyers sont chers, trop chers. Grenoble fait partie des villes les plus chères de France. Pourquoi ? Manque de logements et spéculation immobilière ». Les solutions ? « Un outil public de construction de logements destinés à la location », mais aussi un plan de résorption pour recenser les mètres carrés de bureaux inutilisés et accompagner leur transformation en logements. « Au besoin, nous utiliserons le droit de préemption » a averti Catherine Rakoze.
 
Le programme fixe par ailleurs à 25% le taux de logements sociaux à atteindre en 2025 et entend y favoriser l’entrée des étudiants, y compris en colocation. Autant de solutions « réalistes et pragmatiques » selon Eric Piolle. 
 
 
Guillaume Rantet
 
 
commentez lire les commentaires
3622 visites | 0 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.