l’IEP acte la hausse des frais d’inscription

sep article

Offres de locations exceptionnelles aux 2 Alpes

DÉCRYPTAGE – Il n’aura suffi que d’une voix : la hausse des frais d’inscription a finalement été adoptée en conseil d’administration, ce lundi 7 janvier, à l’Institut d’études politiques (IEP) de Grenoble. C’était la troisième tentative en moins d’un mois, avec toujours le même objectif : voter le budget 2014 de Sciences Po.

 
 

 

© Sciences Po

© Sciences Po

La mobi­li­sa­tion étu­diante contre l’aug­men­ta­tion des frais d’ins­crip­tion avait empê­ché le dérou­le­ment des deux pre­mières réunions. D’où la déci­sion de la direc­tion de délo­ca­li­ser en der­nière minute, ce lundi 7 jan­vier, le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion à Grenoble INP, loin du cam­pus.
 
Si la liste “Alternatives” a bien tenté de faire pas­ser une motion pour repor­ter le vote du bud­get – afin de per­mettre à ses membres un exa­men des docu­ments pré­pa­ra­toires – celle-ci a été reje­tée au vote, la direc­tion vou­lant avan­cer sur ce dos­sier. « On ne peut tou­jours pas réa­li­ser un cer­tain nombre d’opérations, a expli­qué le direc­teur de l’établissement, Jean-Charles Froment. Et tout report nous met dans une situa­tion dif­fi­cile, comme pour la réno­va­tion des amphi­théâtres pré­vue cet été. »
 
 
Constat par­tagé
 
 
Élus étu­diants, pro­fes­seurs et membres de la direc­tion… Tous recon­naissent les dif­fi­cul­tés finan­cières de l’IEP et s’accordent sur le fait qu’elles sont liées à un contexte glo­bal. D’une part, la baisse des aides de l’État et des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales à l’enseignement supé­rieur et plus par­ti­cu­liè­re­ment aux IEP de pro­vince. D’autre part, une mau­vaise ges­tion pas­sée. Néanmoins, leurs choix pour y remé­dier divergent, les étu­diants pro­po­sant plu­tôt de cher­cher des solu­tions alter­na­tives pour aug­men­ter les recettes.
 
Pour la liste “Alternatives”, la hausse des frais d’ins­crip­tions porte pré­ju­dice « aux étu­diants appar­te­nant à la classe moyenne ». Elle leur impose en effet « une hausse du coût des études de leur enfant sans pou­voir répondre aux exi­gences per­met­tant l’obtention d’une bourse ». D’où la demande des élus étu­diants d’un gel de ces frais.
 
élus étudiants de Sciences Po Grenoble institut d'études politiques IEP prenant part au vote en conseil d'administration concernant l'augmentation des frais d'inscription

Les élus étu­diants de la liste Alternatives de Sciences Po Grenoble. DR

 
« Cette hausse ne vise pas uni­que­ment à apu­rer un cer­tain nombre de dettes, mais à pré­ser­ver et amé­lio­rer un modèle de for­ma­tion » a, de son côté, fait valoir Jean-Charles Froment. Et le direc­teur de l’établissement d’ajouter que « cette hausse ne sym­bo­lise pas le renon­ce­ment à un effort social ». En témoigne, selon lui, le fond de soli­da­rité, non des­tiné uni­que­ment aux élèves bour­siers, et l’adoption de tarifs bour­siers pour le concours d’entrée à Sciences Po Grenoble.
 
 
Petites avan­cées
 
 
Faute d’un gel des frais d’inscription, les élus étu­diants ont tou­te­fois pu faire adop­ter cer­taines de leurs motions. Comme la mise en place d’une com­mis­sion de réflexion de « modu­la­tion des frais en fonc­tion des res­sources des familles des étu­diants » et d’une éva­lua­tion des Masters de l’Institut.
 

 

Sébastian Bellocq élu étudiant de la liste Alternatives de Sciences Po Grenoble institut d'études politiques IEP qui a voté contre l'augmentation des frais d'inscription pour 2014

Sébastian Bellocq élu étu­diant de la liste Alternatives. DR

De même, le ver­se­ment de la sub­ven­tion accor­dée par l’IEP à l’Association des diplô­més sera condi­tionné à la tenue par cette der­nière d’une assem­blée géné­rale. Élu de la liste “Alternatives”, Sebastian Bellocq jus­ti­fie cette demande : « Nous n’a­vons aucun chif­frage finan­cier sur l’association et les sta­tuts ne sont mani­fes­te­ment pas res­pec­tés ».
 
Enfin, la der­nière motion a mis en avant l’insuffisance du bud­get 2014 de l’État vis-à-vis de l’enseignement supé­rieur et des IEP de pro­vince. Portée conjoin­te­ment par d’autres élus étu­diants de quatre IEP pro­vin­ciaux, la motion inter­pelle aussi la Fondation natio­nale des Sciences poli­tiques, sou­vent accu­sée de favo­ri­ser Sciences Po Paris au détri­ment des autres. « C’est déjà ça de pris », affirme Sebastian Bellocq.
 
Une opi­nion que ne par­tage pas tota­le­ment l’Union natio­nale des étu­diants de France (Unef). Cette-der­nière est plus néga­tive : « cer­tains se réjouissent de ce résul­tat car les étu­diants ont pu faire pas­ser des motions. Mais ne nous y trom­pons pas, c’est une défaite » déclare ainsi l’Unef dans un com­mu­ni­qué. Et le syn­di­cat d’appeler à la mobi­li­sa­tion étu­diante et d’annoncer une assem­blée géné­rale pour débattre des suites du mou­ve­ment. « Il n’est pas trop tard ! », assure-t-il. L’avenir le dira.
 
 
Guillaume Rantet
 
 
A lire aussi sur Place Gre’net :
Hausse des frais d’ins­crip­tions : Sciences Po tem­po­rise
 
 
MC2 - La morsure de l
commentez lire les commentaires
3884 visites | 0 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.