Email this to someoneShare on FacebookShare on Google+Tweet about this on Twitter

Le jazz à l’honneur au Musée de l’ancien évêché à travers l’Abécédaire amoureux de Pascal Kober

sep article

FOCUS – Le Musée de l’ancien évêché de Grenoble met le jazz à l’honneur jusqu’au 17 septembre 2017, à travers une exposition de Pascal Kober. Le photo-journaliste y présente son Abécédaire amoureux du jazz : des images drôles, tendres ou nerveuses, racontant à leur manière un univers musical aussi varié qu’unique.

 

 

De A comme “Afrique” à Z comme “Zoom”, en passant par les “Fantaisies”, le ”Mouvement” ou les ”Yeux”… Au cœur du Musée de l’ancien évêché de Grenoble, le photo-journaliste Pascal Kober expose son « Abécédaire amoureux du jazz » jusqu’au 17 septembre 2017. Le fruit de quarante-cinq ans de photographies de spectacle, dont trente ans pour la revue Jazz Hot. Mais surtout d’une passion toujours intacte.

 

Esperanza Spalding. Radio Music Society. Les Estivales de Savoie. Château de Chambéry. © Pascal Kober

Esperanza Spalding. Radio Music Society. Les Estivales de Savoie. Château de Chambéry. © Pascal Kober

 

Pourquoi un abécédaire ? Pascal Kober confie avoir hésité, chercher un “fil rouge” pour son exposition, et pensé à différents thèmes : le jazz vocal, le jazz et les femmes, le jazz sur scène… « Tout cela était extrêmement contraignant, explique-t-il. Et m’obligeait, parmi 35 000 photos, à n’en sélectionner qu’un certain type. J’ai trouvé que cet abécédaire était finalement une façon assez décalée et presque poétique de chambouler les hiérarchies, et de dresser un portrait plus large du jazz, à la fois en scène et hors-scène. »

 

 

 

Moments insolites et figures légendaires

 

 

Ce n’est pas de lui-même que veut parler Pascal Kober à travers son exposition. Le photographe refuse de se considérer comme un artiste. Quelques vitrines exposent certes des souvenirs de voyage, de vieux appareils photo ou quelques accréditations, comme autant de reliques d’une longue carrière. Mais c’est bien le jazz et ceux qui le font vivre qui sont au cœur de son Abécédaire.

 

Dee Dee Bridgewater, China Moses et Elliott. Festival Jazz à Vienne, 2010. © Pascal Kober

Dee Dee Bridgewater, China Moses et Elliott. Festival Jazz à Vienne, 2010. © Pascal Kober

Ceux qui font vivre le jazz ? Les musiciens bien sûr, et le public. La « formidable tapisserie d’humanité », selon le mot de Claude Nougaro, face à la foule présente pour l’écouter au festival Jazz à Vienne.

 

C’est elle qui ouvre l’exposition, une grande photographie coupée en diptyque comme un prologue, rappelant que le jazz ne serait rien sans ceux qui se déplacent pour venir l’écouter.

 

Suivent au fil du parcours des artistes de tous âges, de toute nationalité… et de tous styles.

 

Ainsi, l’on découvre le contrebassiste Pierre Boussaguet, cigare entre les lèvres, la chanteuse Bridewater Dee Dee sur scène avec Elliott, son chien, qui « tire la langue au photographe », la fanfare d’Henri Texier, le sourire de Barbara Hendricks… Et la figure légendaire de Miles Davis dans une photographie géante au sein, naturellement, de la salle bleue.

 

 

 

Une « longue histoire » du jazz, également en Isère

 

 

Que les néophytes se rassurent ! Nul besoin d’être un connaisseur, ou même un amateur, pour apprécier les clichés de Pascal Kober. Au-delà de la musique, ils dressent la fresque d’une Histoire commune, de passions comme de rencontres entre des artistes œuvrant à fabriquer ensemble un univers qui ne ressemble à aucun autre.

 

Michel Petrucciani. Festival Jazz à Vienne, 1991. © Pascal Kober

Michel Petrucciani. Festival Jazz à Vienne, 1991. © Pascal Kober

 

Une Histoire commune qui a trouvé son ancrage également en Isère. « Cette présence du jazz, c’est le témoignage d’un dynamisme. Ça m’intéressait d’en parler et de le montrer », nous dit Isabelle Lazier, conservatrice du Musée de l’ancien évêché. « L’histoire du jazz en Isère m’a toujours intéressée. Et c’est une histoire longue, quand on connaît l’audience de Jazz à Vienne et le travail fabuleux fait à Grenoble », ajoute-t-elle.

 

Mais la conservatrice ne manque pas d’exprimer un certain pessimisme : « Le jazz est en train de perdre un peu pied. Les jeunes musiciens qui s’intéressent aux spécialités jazz, il n’y en a pas tant que ça. » Peut-être le travail de Pascal Kober et l’exposition de son Abécédaire amoureux sauront-ils susciter de nouvelles vocations ?

 

 

Concerts, jam-sessions et projections au programme

 

 

Et parce que le jazz est, malgré tout, toujours une musique vivante, l’exposition du Musée de l’ancien évêché ne manque pas de s’accompagner de nombreuses animations. Concerts et séances d’improvisation musicale – les fameuses “jam-sessions” chères au jazz – seront de la partie. Ainsi que des rencontres thématiques en compagnie de Pascal Kober, par exemple sur les coulisses d’un journal de jazz.

 

De plus, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, le Musée proposera les 16 et 17 septembre la projection de trois documentaires, consacrés respectivement à Dee Dee Bridgewater, Marcus Miller et Django Reinhardt. Un programme riche à retrouver sur le site du Musée de l’ancien évêché.

 

 

Florent Mathieu

 

 

Email this to someoneShare on FacebookShare on Google+Tweet about this on Twitter
commentez lire les commentaires
1321 visites | 0 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.