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Quand la Ville de Grenoble fait pression sur un média… puis le sanctionne

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TÉMOIGNAGE – La presse est-elle libre ? Une question qui mérite plus que jamais d’être posée en cette journée mondiale de la liberté de la presse. Qui plus est dans cette période électorale où des journalistes sont tout à la fois malmenés et déconsidérés. Si les conditions de travail des médias sont catastrophiques dans un certain nombre de pays, elles sont loin d’être idéales en France. Et au niveau local ? Pas mieux…

 

 

 

LIBERTÉ DE LA PRESSE : LA FRANCE, 39e AU CLASSEMENT 2017… PEUT MIEUX FAIRE

 

Journalistes emprisonnés, torturés, voire assassinés… Au Vietnam, en Érythrée, au Turkménistan, en Syrie, en Chine… Dans bon nombre de pays, informer peut se payer très cher. Sans parler de la Corée du Nord, « où le simple fait d’écouter une radio basée à l’étranger peut valoir un séjour en camp de concentration », rappelle le classement annuel de Reporters sans frontières. Loin de s’améliorer, la situation de la presse a empiré en 2016 dans les deux tiers des 180 pays répertoriés dans le rapport. Et les violations à la liberté d’informer ne concernent pas uniquement les régimes autoritaires et les dictatures. Elles frappent aussi les démocraties, y compris en Europe.

 

Classement mondial de la liberté de la presse 2017 © Reporters sans frontières

Classement mondial de la liberté de la presse 2017. Cliquez sur la carte pour accéder aux données. © Reporters sans frontières

Pour faire taire les journaux indépendants, le gouvernement polonais a ainsi opté pour l’asphyxie économique. « Après avoir transformé l’audiovisuel public en outil de propagande, le gouvernement s’est attaché à étrangler financièrement plusieurs titres de presse indépendants opposés à ses réformes (Gazeta Wyborcza, Polityka ou encore l’édition polonaise de Newsweek) en imposant aux administrations de supprimer leurs abonnements à ces journaux », précise ainsi le rapport.

 

Et la France ? L’Hexagone se classe 39e, loin derrière les pays d’Europe du Nord et la plupart de ses voisins. “Si la presse est globalement libre et plutôt bien protégée par la loi, le paysage médiatique français est largement constitué de groupes dont les propriétaires ont d’autres intérêts que leur attachement au journalisme. Cette situation entraîne des conflits qui font peser une menace sur l’indépendance éditoriale, et même sur la situation économique des médias», est-il précisé dans le classement. […] D’autre part, pendant la campagne présidentielle, les politiques et la population ont affiché une hostilité grandissante à l’égard des journalistes. » En témoignent les journalistes sifflés lors du meeting de François Fillon à Nice.

 

Le 27 avril dernier, 34 sociétés de journalistes ont même signé une tribune contre l’entrave à la liberté d’informer du Front national : déplacement de Marine Le Pen non communiqué, accréditation refusée… « À l’occasion de la campagne pour le second tour de l’élection présidentielle, le Front national a décidé de choisir les médias qui sont autorisés à suivre Marine Le Pen. Plusieurs titres de presse ont ainsi vu leur représentant tenu à l’écart de toute information et de toute possibilité de suivi sur le terrain de la candidate du Front national », indique le texte. « Ainsi, après Mediapart et Quotidien (et avant lui son prédécesseur Le Petit Journal), l’Agence France-Presse, Radio France, RFI, France 24, Le Monde, Libération et Marianne, notamment, ont été à un moment ou à un autre victimes de ces exclusives. […]”

 

 

 

Déplacement non communiqué, refus d’interviews, absence de réponses aux sollicitations, journalistes délibérément exclus de visites presse, pressions exercées avant ou après la publication d’articles sur des sujets sensibles… Vous pensez que ces pratiques sont l’apanage du FN ? Eh bien non ! Au risque de vous surprendre, elles ont également cours à Grenoble, où la ville est dirigée par une coalition Europe-Ecologie-les-Verts et Parti de gauche. Retour en quatre actes sur une stratégie de communication méconnue mais assumée au plus haut niveau – comme nous venons tout juste d’en avoir la confirmation – et qu’il nous a paru nécessaire de porter à votre connaissance.

 

 

 

Acte 1 : Le verrouillage de l’information

 

 

L’accès à l’information n’a jamais été simple depuis l’arrivée de la nouvelle équipe municipale à Grenoble en 2014 (six mois seulement après le lancement officiel de Place Gre’net). C’est notre métier d’aller la chercher, allez-vous nous dire. Bien sûr ! C’est ce que nous faisons tous les jours. Cela se passe d’ailleurs globalement bien avec les autres collectivités, y compris lorsque nous publions des articles critiques ou traitons des thèmes jugés sensibles. Les journalistes les contactent via les services presse qui leur répondent dans des délais raisonnables et fixent des rendez-vous avec les personnes sollicitées. C’est tout simple, en fait.

 

Mairie de Grenoble

Hôtel de ville de Grenoble. © Nils Louna – placegrenet.fr

Avec la Ville de Grenoble, c’est plus compliqué… Petit retour en arrière. Dès novembre 2014, alors que nous avions appris que la municipalité comptait bannir l’affichage publicitaire dans l’espace urbain et ne pas reconduire son contrat avec JCDecaux, nous avions sollicité en vain l’interview de l’élue concernée, Lucille Lheureux. Le conseiller spécial du maire, Enzo Lesourt, nous avait alors demandé d’attendre la fin du mois, nous assurant que la Ville présenterait sa mesure à toute la presse locale lors d’une conférence commune. Nous avons donc sagement attendu…

 

Très mauvaise idée ! Tout le dossier est sorti le 22 novembre 2014, un dimanche, dans le Dauphiné libéré et le JDD. “Nous avons fait le choix du Dauphiné libéré pour l’exclusivité locale et du JDD pour l’exclusivité nationale », nous a-t-il simplement répondu, pas gêné. Les deux journaux avaient été contactés pour l’occasion avec interviews calées à la clé. Une affaire qui roule ! C’est bien connu, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

 

 

“Si nous attendions à chaque fois le retour du service communication pour publier,

beaucoup d’articles ne sortiraient tout simplement jamais.”

 

 

Pourquoi revenir sur cette vieille anecdote ? Parce qu’elle est emblématique de pratiques devenues monnaie courante à Grenoble. Les élus sont bien sûr libres de répondre ou pas aux sollicitations de la presse. Mais, d’une manière générale, les journalistes de Place Gre’net qui passent par le service presse rencontrent la plupart du temps des difficultés pour accéder à l’information. Technique la plus couramment utilisée ? Le pourrissement. Si nous attendions à chaque fois un retour pour publier nos articles, beaucoup d’entre eux ne sortiraient tout simplement jamais. Ce qui est sans doute le but recherché et n’est évidemment pas concevable.

 

Et pour cause : le service presse, censé faciliter le travail des journalistes, est en lien direct avec le cabinet du maire… à qui il rend directement compte et qui décide de tout. Du coup, les jours passent, voire les semaines, quand ce ne sont pas les mois. Et nos demandes d’informations ou d’interviews sont classées sans suite dès qu’elles touchent à des sujets sensibles. Ce que l’on nous propose à la place ? Une multitude de conférences de presse, durant lesquelles les élus déroulent leur communication. Le tout sous l’œil attentif du conseiller spécial du maire quand il s’agit des rendez-vous les plus stratégiques.

 

Présentation de la première édition de la Biennale "Villes en transition" à Grenoble. © Séverine Cattiaux – placegrenet.fr

Présentation de la première édition de la Biennale “Villes en transition” à Grenoble. Concernant le budget ? Il était trop tôt pour communiquer. © Séverine Cattiaux – placegrenet.fr

 

Les explications qui sont données par le cabinet à l’absence de réponses à nos sollicitations ? “C’était pas notre rythme. C’était pas le timing.” Entendez : la Ville n’a pas prévu de communiquer à ce moment-là. “Parfois, on n’a pas envie de répondre et on ne le dit pas car on répond plus tard.” Ce fut par exemple le cas pour le budget de la Biennale. La Ville devait répondre aux questions “plus tard ». Nous attendons encore… Ce n’est presque jamais le moment, en définitive. “Je ne pars pas du principe qu’il y a convergence a priori. Chacun a son calendrier, ses critères. Parfois, ça pourra matcher [correspondre, ndlr] », nous a d’ailleurs expliqué le conseiller spécial du maire suite à des demandes d’éclaircissements.

 

 

“Lorsqu’il y a débat, les journalistes doivent pouvoir donner la parole aux deux parties,

afin que le lecteur puisse lui-même se faire son avis au fil des publications”

 

 

Autre argument mis en avant par le cabinet : Place Gre’net solliciterait trop les élus, qui n’auraient pas le temps de nous répondre. Tiens ! C’est curieux. Nous n’avons pas cette impression en lisant la presse. Du reste, quelques minutes au téléphone peuvent facilement s’insérer dans un agenda d’élu dont le travail est aussi de rendre compte de son action.

 

Mais surtout, il ne faudrait pas oublier que, lorsqu’il y a débat, les journalistes doivent pouvoir donner la parole aux deux parties, afin que le lecteur puisse lui-même se faire son avis au fil des publications. Aussi, quand des opposants politiques ou de simples citoyens émettent des critiques à l’encontre d’un projet municipal, il est juste de donner la parole aux “accusés” pour qu’ils puissent à leur tour présenter leurs arguments. Logique, non ?

 

Pas pour la Ville. En fait, notre méthode revient à “relayer des paroles qui ne sont pas au même niveau” a récemment affirmé un membre du cabinet du maire. “Nous ne voulons pas réagir à Tartempion. Une institution informe et débat mais n’alimente pas du buzz. […] Tous les points de vue ne se valent pas. Sinon, c’est l’approche du Front national.” Un point de vue déjà avancé par un autre membre du cabinet, et donc parfaitement assumé.

 

La Ville n’entend ainsi pas répondre aux “attaques”. Tant pis si Tartempion – collectifs de citoyens, associations, opposants politiques… – se pose des questions et attend légitimement des réponses sur l’utilisation des deniers publics, le bien-fondé ou l’efficience des mesures mises en places.

 

 

 

Acte 2 : les accusations de traitement déséquilibré

 

 

Et quand, derrière Tartempion, se cache Pascal Clérotte, porte-parole du Gam et bête noire de la municipalité dont il commente toutes les décisions, la Ville voit encore plus rouge. Une journaliste de Place Gre’net serait même “manipulée” par cet homme. Sous emprise peut-être ? La pauvre femme – une journaliste de plus de vingt ans d’expérience – manquerait de discernement et reprendrait sans recul tous ses arguments, notamment dans des articles consacrés au projet de piétonnisation Cœurs de ville, cœurs de métropole (CVCM). A moins qu’elle ne soit mariée à un commerçant opposé à CVCM, comme on nous l’a demandé avec le plus grand sérieux. Mieux vaut en rire !

 

La vérité est plus simple : Pascal Clérotte n’est qu’une source – certes très bavarde sur les réseaux sociaux et clivante… – parmi d’autres. Rien de plus. En attendant, la journaliste en question est blacklistée par la Ville. Et la garde rapprochée du maire semble vouloir instiller peu à peu l’idée que Place Gre’net aurait “une ligne” et deviendrait un “journal d’opinion” qui servirait des intérêts hostiles à la Ville.

 

 

Il ne faut pas tendre le micro à n’importe qui !,

s’est vu interpeller un journaliste qui venait d’interroger Alain Carignon”

 

 

Ainsi, après avoir fait clairement le choix de ne pas prendre la parole suite aux sollicitations, la Ville se plaint désormais du fait que l’opposition la prend trop ou que certains articles seraient “à charge »… Sans compter les procès récurrents en “déontologie” : “Il ne faut pas tendre le micro à n’importe qui ! », s’est ainsi vu interpeller un journaliste qui venait d’interroger Alain Carignon, ancien maire de Grenoble condamné pour corruption, mais toujours actif dans la vie politique grenobloise.

 

PlanDeSauvegardeElisaMartinCreditSeverineCattiaux

Élisa Martin lors de la présentation du “plan de sauvegarde”. © Séverine Cattiaux

Dans la même veine, certaines informations ne seraient pas bonnes à publier. Comme, lorsqu’à l’automne dernier, nous avons cité Le Postillon qui relataient des extraits issus d’un échange privé d’Élisa Martin en date du 29 juin dernier. La première adjointe de la Ville de Grenoble y écrivait : « J’ai validé le plan de sauvegarde sans faire gaffe. Quelle conne ! Une information, d’importance, relayée sur Place Gre’net, dans la nuit du dimanche au lundi 26 septembre 2016, alors qu’elle avait déjà été largement reprise sur les réseaux sociaux.

 

Sollicitée dans la foulée, Élisa Martin a refusé de s’exprimer, sous prétexte que Place Gre’net aurait relayé “une information qui est fausse ». “J’assume parfaitement le fait de ne plus répondre à vos interviews, ce qui est mon droit le plus strict, a-t-elle précisé. […] Pour ce qui nous concerne, nous ne faisons pas de politique dans les caniveaux, cela ne rentre pas dans notre « plan de com ».” Voilà qui est clair. En attendant, Élisa Martin n’a jamais démenti officiellement cette information et n’a pas attaqué Le Postillon pour diffamation…

 

 

 

Acte 3 : Les pressions en tout genre

 

 

En dehors de la première adjointe, les élus – avec qui, soit dit en passant, Place Gre’net entretient de bonnes relations – ont toujours accepté de répondre aux questions des journalistes qui les interpellaient directement sur le terrain ou sur leur téléphone portable. Des pratiques, somme toute banales, mais qui ont déplu, car hors de contrôle de la communication. Plusieurs journalistes se sont ainsi fait taper sur les doigts après coup par le conseiller spécial du maire ou le service presse de la Ville. Ils devaient cesser de contacter les élus en direct et passer par eux “pour que ça aille plus vite ». No comment

 

Eric Piolle, lors de son interview pour Place Gre'net, 12 avril 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Interview d’Eric Piolle en présence de son conseiller spécial, Enzo Lesourt, 12 avril 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

 

Place Gre’net serait-il le seul journal, avec Le Postillon, à faire grincer des dents la majorité ? Visiblement non. Le Canard enchaîné a ainsi publié un article très critique le 29 mars 2017, intitulé “Des livres rongés par les Verts”. Sans doute le premier article paru dans la presse nationale reprenant en substance les arguments des opposants à la fermeture ou à la transformation de bibliothèques. Un électrochoc pour l’équipe municipale. Très attachée, pour le coup, à ce journal, celle-ci s’est ainsi fendue d’une longue lettre ouverte. Visiblement, la pilule a eu du mal à passer…

 

 

“Voulait-on vraiment “alimenter la fachosphère », “faire du clic », “du buzz » ?

Non, juste faire notre métier : informer”

 

 

Quand les journalistes s’intéressent de trop près à des sujets sur lesquels la Ville n’a pas envie de communiquer ou pas à ce moment-là, celle-ci n’hésite pas à faire pression. Par exemple en leur passant des appels furieux sur leur portables pour les sermonner. Là encore, le problème n’est pas nouveau, puisque ce fut déjà le cas suite à la publication de l’article Propreté urbaine : Grenoble va passer à la verbalisation, paru le 30 septembre 2015. Un sujet visiblement très sensible…

 

Comme à l’accoutumé, les élus et responsables de services concernés à la ville de Grenoble n’avaient pas reçu l’autorisation de s’exprimer. Mais des délégués syndicaux territoriaux s’étaient montrés plus prolixes avec notre journaliste. Un crime de lèse-majesté, semble-t-il. On n’avait pas été “réglo” de traiter le sujet quand même. Et plus grave : “les deux syndicalistes interrogés n’avaient pas le droit de s’exprimer sur le sujet.” Peut-être ont-ils été punis ?

 

La place de l’école élémentaire Anthoard à Grenoble. © Florent Mathieu – Place Gre’net

La place de l’école élémentaire Anthoard à Grenoble. © Florent Mathieu – Place Gre’net

Pressions encore quand Place Gre’net a su que des élèves de l’école élémentaire Anthoard de Grenoble avaient chanté la chanson religieuse Bismillah dans le cadre d’une activité périscolaire. Un dérapage du plus mauvais effet dans une école publique qui ne devait pas être porté à la connaissance du public mais “réglé en interne »… L’occasion d’un appel d’Enzo Lesourt au journaliste chargé de l’article mais aussi à moi-même, en tant que rédactrice en chef, pour nous dissuader de publier un article sur le sujet, notamment en jouant sur la culpabilisation.

 

Que comptait-on écrire ? Une question pas banale déjà posée par l’intéressé à des journalistes à d’autres occasions. Voulait-on vraiment “alimenter la fachosphère », “faire du clic », “du buzz » ? Non, juste faire notre métier : informer. C’est-à-dire ne pas mettre sous le tapis une information dont nous avions eu connaissance sous prétexte qu’elle pourrait être récupérée par certains et en desservir d’autres.

 

 

 

Acte 4 : Les mesures de rétorsion, économiques et autres

 

 

Fait troublant mais pas si étonnant, les commandes d’encarts de communication à Place Gre’net par la Ville se sont subitement arrêtés en novembre 2016, alors que la Ville continuait de largement communiquer dans le reste de la presse. Une mesure de rétorsion économique suite à des articles ayant déplu, comme un membre du cabinet l’a clairement exprimé à un journaliste de Place Gre’net – qu’il avait demandé à rencontrer pour lui en faire part expressément – puis à moi-même.

 

En cause – comme nous l’avons su par la suite –, des articles qui portaient notamment sur les bibliothécaires en lutte, l’affaire Bismillah, CVCM, Ebikelabs, la Biennale de l’habitat durable, ou bien encore la Grande marche réclamant la réquisition des logements vacants à Grenoble. Sans doute une tentative pour nous faire rentrer dans le rang. Voire nous faire taire définitivement…

 

 

“L’arrêt de commande depuis novembre se solde par un manque à gagner non négligeable

pour notre jeune média, même si nous avons dès le départ diversifié les sources de revenus”

 

 

Place Gre’net, qui n’était déjà souvent pas intégré dans les plans de communication de la Ville, en serait ainsi désormais définitivement exclu. Bien loin de l’« équité de traitement à l’égard des médias locaux“, spontanément annoncé en septembre 2014 par Erwan Lecoeur, le directeur de la communication de la Ville. Cet arrêt de toute commande, depuis novembre, se solde par un manque à gagner non négligeable pour notre jeune média, même si nous avons dès le départ diversifié les sources de revenus, qu’il s’agisse d’autres annonceurs ou des abonnements.

 

Le second événement troublant a concerné l’aspect rédactionnel, Place Gre’net ayant été délibérément exclu d’une visite presse – à laquelle ont été conviés plusieurs médias – de la Tour Perret, monument que la Ville a décidé de restaurer après des mois de débats. Ce toujours dans une logique de “sanction” selon un membre de la garde rapprochée du maire. Et cela même alors qu’un journaliste de Place Gre’net avait clairement fait part au préalable de son intention de la visiter.

 

C’est n’importe quoi !” a toutefois démenti un autre membre du cabinet. Quelle était donc l’explication de cette exclusion ? La tour Perret, fragile, n’aurait pas pu accueillir beaucoup de personnes, nous a-t-on finalement répondu… La tour – visiblement bien plus dégradée qu’il n’y paraît – n’aurait pas supporté le poids de notre journaliste et de sa caméra !

 

 

 

Épilogue : faute de tête-à-tête avec le maire, une interview encadrée… et écourtée

 

 

Voilà des mois qu’une journaliste de Place Gre’net sollicitait une interview du maire, en vain. Et pour cause : celle-ci était “blacklistée” et ses demandes systématiquement écartées par la garde rapprochée du maire.

 

Eric Piolle, lors de son interview pour Place Gre'net, 12 avril 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Eric Piolle, lors de son interview pour Place Gre’net, 12 avril 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Cette interview m’a finalement été proposée alors que je sollicitais pour ma part un entretien en tête-à-tête – entendez sans communicants – avec Eric Piolle, pour savoir s’il cautionnait les mesures de rétorsion vis-à-vis de Place Gre’net. Une réponse jamais obtenue malgré des demandes d’éclaircissement formulées par mail début mars au maire lui-même et à son cabinet. Verdict ?

 

Oui, Eric Piolle assume pleinement l’arrêt des commandes d’encarts publicitaires à Place Gre’net. Une décision prise en concertation avec ses proches collaborateurs à ce sujet. “On a effectivement eu des débats sur la façon dont certains articles ont été positionnés […] Un débat sur la qualité de certains articles qui pose question, sur le travail qui est fait… », a-t-il fini par reconnaître. “C’est une question de cadre de travail, a tenté de justifier son conseiller spécial, présent tout au long de l’entretien. […] On vous a dit plusieurs fois qu’il y avait des protocoles de travail à respecter si vous voulez bosser avec nous.” Dont acte.

 

 

“Une interview menée au pas de course. Et qui s’est terminée sous la menace à peine voilée de divulguer des échanges par mail”

 

 

Autre point que nous souhaitions éclaircir, le récent voyage en Israël du maire et de sa délégation qui nous a été volontairement caché, ainsi d’ailleurs qu’à la quasi-totalité des journalistes locaux jusqu’à la veille du départ… et ce malgré des questions posées bien en amont au cabinet du maire concernant le trou dans son agenda cette semaine-là.

 

Interrogé à ce sujet, Eric Piolle a répondu que nous n’avions pas à savoir à l’avance s’il allait s’absenter de la ville ou s’il était en vacances. Soit. Reste qu’une journaliste locale a fait partie du voyage et a donc de facto été mise au courant bien avant… Un “deux poids deux mesures” que le maire assume, tout comme la prise en charge des frais de voyage de ladite journaliste. “C’est ce qui se fait, oui…

 

L’interview était calée de longue date et devait durer une heure, ce qui avait été reconfirmé en début d’interview. Mais à peine quarante minutes plus tard, au moment justement où il était question de ce voyage, le conseiller spécial du maire et une membre de son cabinet sont intervenus pour y mettre un terme… précipitamment. Le maire était très en retard ! Vite, vite, il fallait partir !

 

Eric Piolle, lors de son interview pour Place Gre'net, 12 avril 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Eric Piolle sur le départ avant la fin prévue de l’interview… toujours en présence de son conseiller, 12 avril 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

L’interview menée au pas de course s’est ainsi terminée en queue de poisson… Sans compter, après le départ du maire, des menaces à peine voilées de divulguer des échanges par mail où j’aurais dit que “Place Gre’net avait besoin des pubs de la Ville ». Une assertion totalement fausse puisqu’à aucun moment je n’ai dit, écrit ou sous-entendu cela, mais ai simplement demandé des explications sur cet arrêt soudain des commandes…

 

 

“Une chose est sûre : nous continuerons à faire notre métier, comme nous l’avons toujours fait,

honnêtement, sans volonté de nuire ni de favoriser quiconque”

 

 

Il s’agit peut-être là de la dernière interview calée officiellement par la Ville car nous avons appris le 27 avril dernier qu’un entretien promis de longue date à un journaliste de Place Gre’net par la Première adjointe Élisa Martin elle-même, après des mois de silence, n’aurait finalement pas lieu…

 

Une chose est sûre : nous continuerons à faire notre métier, comme nous l’avons toujours fait, honnêtement, sans volonté de nuire ni de favoriser quiconque. Car notre devoir reste d’informer, indépendamment des pratiques de communication des collectivités, des entreprises, des personnalités politiques ou autres… Sans jamais ménager quiconque aux seules fins d’entretenir de bonnes relations, d’obtenir des interviews ou des publicités. Et ce quel qu’en soit le prix.

 

 

Muriel Beaudoing, directrice de publication de Place Gre’net

 

 

 

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Commentaires 40
  1. Bonjour, je suis surpris de voir le ping du site Grenoble le changement sur ce journal. Ce site carignoniste est bien connu pour sa démarche anti-piolle et anti gauche depuis longtemps… je crois qu’il y a plus objectif comme source d’information sur le sujet. Y a-t-il une explication ?

    sep article
    • PT

      07/05/2017
      22:08

      Bonjour,
      De manière générale, les pings sont acceptés automatiquement sur Place Gre’net (quelle que soit la sensibilité politique des sites concernés) sauf pour ce qui concerne le spoofing ou les fermes de liens où nous procédons alors à la suppression des pings en question.
      Vous trouverez ainsi tout aussi bien des pings qui renvoient vers Grenoble le changement, Grenoble une ville pour tous etc. sans que cela ne constitue un soutien implicite à ces contenus.

      sep article
  2. Ping : LIBERTÉ de la PRESSE: LE « CONSEILLER SPÉCIAL » de PIOLLE ATTAQUE PLACE GRE’NET – Grenoble Le Changement !

  3. Bonjour à vous. Petit message de soutien depuis Clermont-Ferrand et l’Auvergne et en tant que créateur d’un site local : Cyberbougnat.net. Je ne sais pas si ça peut vous rassurer, ou pas, mais certains faits me rappellent un peu ce que je vis ici ou j’ai vécu et que de nombreux sites locaux ont vécu partout en France. Je me suis fait blacklisté pendant 2-3 ans du conseil général pour avoir tendu le micro à un opposant et pas au président, qui en fait n’avait pas le temps de répondre. Je suis aussi systématiquement ignoré des achats de pub. Les collectivités n’achètent pas de pub c’est bien connu… enfin sauf à la PQR classique. Des infos données aux autres médias avant les conférences de presse c’est classique. Certains élus qui se demandent pourquoi on pose des questions aussi… Quant aux accusations d’être pour l’un ou pour l’autre, j’ai eu l’honneur d’avoir été à peu près pro tous les partis en fonction de qui en parlait. C’est un peu lassant mais bon c’est le jeu. Alors à mon tour je tends un peu moins le micro, je boycotte certains et je sais que les prochaines échéances électorales ne sont plus très loin et que ça change aussi le point de vue de certains 😉

    sep article
  4. Si j’ai bien compris vous appelez à la liberté de la presse parce qu’un équipe municipale vous oblige à être indépendant éditorialement et financièrement vis-à-vis d’elle ??? Je pense que vous n’avez rien compris aux enjeux de la liberté de la presse. Les journalistes des pays que vous citez se battent justement au quotidien pour pouvoir publier sans affiliation quelle qu’elle soit avec des institutions politiques, economiques, religieuses etc.

    Le vrai problème est justement les relations copain-copain que NOS ELUS entretiennent avec les média, les subventions déguisées (publicité, remboursements de frais, excursions organisées tout compris, exclusivités …), les échanges “off” qui font de l’information le privilège de quelque uns.

    Sachez par ailleurs que l’objectivité journalistique n’existe pas. Prétendre le contraire est malhonnête intellectuellement et dangereux pour la démocratie. Il n’y a aucune honte à admettre qu’on est davantage critique avec les pouvoirs en place qu’avec ceux qui ni sont plus. C’est même une attitude tout à fait saine.

    sep article
    • PT

      05/05/2017
      14:07

      Vous appelez à la liberté de la presse parce qu’un équipe municipale vous oblige à être indépendant éditorialement et financièrement vis-à-vis d’elle ???
      Nous faisons état de la liberté de la presse, car tout comme les copinages dont vous faites état, la rétorsion d’information ou les mesures de rétorsion économique sont une façon indirecte de museler la presse.

      L’objectivité journalistique n’existe pas
      Tout journaliste a bien sûr ses propres opinions, mais se doit d’écrire avec honnêteté. C’est ce que nous attachons à faire au quotidien. Voilà pourquoi Place Gre’net est parfois accusé, selon les actualités du moment et les sensibilités des lecteurs, d’être pro-Piolle, pro-Carignon ou bien encore pro-Destot/Safar – pour ne parler que de Grenoble.

      sep article
  5. A voir les commentaires de soit disant soutiens, de  menaçes sous formes d’insinuations, d’intimidations à peine voilées, de propos manipulatoires, je vous dirais “ne lachez rien”.

    Nous n’avons pas besoin qu’un média de plus nous serve la soupe municipale et métropolitaine au quotidien.

    Vous avez vu clair sur ce qui se passe à Grenoble, nous ne pouvons qu’espérer, nous, habitants, que vous continuerez dans cette voie, à nous éclairer, sans renoncement.

    Vous faite un travail dans l’esprit que toute presse devrait garder: Indépendance, Impartialité, Équité.

    sep article
  6. Je vous lis avec grand intérêt depuis 1 an environ ; je trouve vos articles utiles pour rester au contact de l’actu grenobloise, et vous publiez aussi des dossiers très fouillés et qui prouvent que vos journalistes ont le temps et l’autonomie pour investiguer et creuser leur sujet. C’est précieux. Mais n’êtes-vous pas en train de saborder votre propre navire ? Pour rentrer en dissidence – ce qui est un acte courageux, mais parfois téméraire – il faut d’abord assurer ses arrières et ne pas dépendre des financements de ceux que l’on combat. Vous ne découvrez pas aujourd’hui que les politiques utilisent leur pouvoir de pression à travers, par exemple, l’assignation de leur budget pub, n’est-ce pas ? Ca serait dommage que l’aventure Place Grenet s’arrête pour quelques maladresses ou querelles de personnes, peut-être y a-t-il une 3e voie, de compromis, à trouver ? Bon courage et keep on the good job.

    sep article
    • PT

      04/05/2017
      22:12

      Merci Christophe pour ce retour positif et votre soutien actif en tant qu’abonné 😉

      Tout d’abord, comme vous l’avez sans doute lu dans l’article, cela fait six mois que nous n’avons plus aucun achat de la Ville et nous avons malgré tout tenu le coup 🙂 Nous avons simplement porté cette information à la connaissance du public dès lors que nous avons eu la confirmation officielle qu’il s’agissait bien d’une décision politique, assumée par le maire et son cabinet. Il nous a en effet semblé important que tout un chacun puisse avoir connaissance de ces pratiques.

      Pour ce qui nous concerne, nous avons fait le choix, dès le départ, d’un modèle économique mixte mêlant notamment vente d’encarts publicitaires et abonnements. Un modèle dépendant exclusivement des abonnés (idéal dans l’absolu) aurait nécessité une mise de départ très importante (que nous n’avions pas). Et contrairement à un modèle tout-gratuit, ce mix permet de diversifier les sources de revenus, donc de moins dépendre des annonceurs.

      Nous avons toujours avancé jusqu’à présent sans nous censurer de peur d’éventuelles conséquences sur les achats d’encarts. Sinon, nous n’aurions rien fait, a fortiori à nos débuts. C’est ce que nous continuerons de faire avec le soutien de nos abonnés et des annonceurs qui sont attachés à la pluralité de la presse. Souhaitons qu’ils soient nombreux !

      sep article
      • vous parlez “d’une décision politique,” Est-elle dirigée contre vous, Place Gre’Net, ou fait-elle partie d’un ensemble plus vaste de diminution des dépenses dans le cadre des restrictions budgétaires, dont l’achat d’encarts publicitaires dans LES médias ?
        😉

        sep article
        • PT

          05/05/2017
          13:02

          Les réponses du maire et de son conseiller spécial rapportées dans l’article sont assez claires :
          « On a effectivement eu des débats sur la façon dont certains articles ont été positionnés […] Un débat sur la qualité de certains articles qui pose question, sur le travail qui est fait… »
          « C’est une question de cadre de travail […] On vous a dit plusieurs fois qu’il y avait des protocoles de travail à respecter si vous voulez bosser avec nous. »
          A aucun moment, il n’est donc question d’un plan global de diminution des dépenses de communication. Sachant que la Ville a continué de communiquer comme avant… ailleurs.

          sep article
          • Merci. Je voulais avoir votre réponse, car ce n’est pas vraiment ce que j’ai entendu “de l’autre côté” 😉

            sep article
            • PT

              05/05/2017
              14:22

              Je vous en prie. Notez bien que n’ayant pas accès à l’historique globale des commandes pubs de la Ville, je ne peux affirmer que ce budget est resté parfaitement constant. En revanche, il suffit de consulter la presse sur les six derniers mois pour constater que si baisse il y a eu, elle est minime. Et qu’en tout état de cause, aucun autre média n’a été confronté à un arrêt total de communication de la Ville.

              sep article
  7. Je ne dirai pas que Place Grenet est un média «pro» ou «anti» Piolle. Certains articles écrits par le journal me semblent parfois orientés, mais cela vient surtout de mon ressenti personnel (par exemple CVCM que je soutiens à 200%, mon seul regret étant de voir peu de moyens dans des espaces publics de qualité, j’ai du mal à entendre tout le temps parler des opposants très bruyants pour pas grand chose au final), et du fait que je suis globalement satisfait de la politique du maire menée dans la commune.
    Mais je suis déçu de voir sa réaction vis-à-vis de ce journal, même si je ne pense pas que ça soit par pure «méchanceté». Peut être a t-il pris la mouche après quelques polémiques citées dans cet article plus haut, j’aurais aimé de sa part plus de tolérance. Cette tribune pourra lui faire prendre conscience de cela ? Cependant, je ne le vois pas comme le «kmer vert» que décrivent beaucoup de ses opposants, à Grenoble ou ailleurs. sa politique gêne certains, certes, mais c’est ça le jeu de la démocratie. Piolle, pas pire mais surtout pas mieux que les autres, c’est ça que je tire de cette information.
    J’ai le sentiment d’entendre beaucoup parler des opposants à la politique de Piolle sur ce journal, mais forcément, si il refuse de parler à Place Grenet il laisse la place aux autres… même si je ne pense pas que Carignon ait encore de la légitimité dans l’espace politique grenoblois. Ainsi, mon ressenti provient surtout de cette place des critiques, forcément démesurée par rapport à l’avis de la mairie qui ne se prononce pas… Merci pour ce travail journalistique qui apporte un autre regard sur l’actualité.

    sep article
  8. Quelle déception cette équipe! “Nous ferons de la politique différemment” “Démocratie participative” “Démocratie citoyenne” …au final que du vent.
    Plus que 3 ans!!!
    Ecolo + Parti de Gauche, on n’en reprendra plus : Indigestion!
    Même la liberté de la presse n’est pas respectée, c’est dire.
    Battez-vous PlaceGre’net, vous êtes dans le vrai et dans votre droit. La presse libre n’a jamais été crée pour servir les plats. Elle est là pour informer et donc faire partager ce que le quidam ne sait peut-être pas. Dire, aussi, qu’un équipe est passée dans le dogme et non pas dans le partage de la décision et du choix.
    Votre rôle est essentiel dans une démocratie.
    Continuez!

    sep article
  9. Ah Muriel Beaudoing, sans aucun doute la prochaine directrice de la communication de Carignon. Car ne soyons pas naïfs, les repris de justice republicains sont encore a l’oeuvre ici. On remarque bien là leur tactique historique de créer de faux journaux de désinformation, au profit de leur manœuvres politiques, alimentés par des journalistes godillots aveuglées par l’illusion qu’ils ont d’être les nouveaux robert londres d’un media sans importance et deficitaire. Ne soyons pas naïf vous avez été créé pour manipuler les elections, et vous hurlez ici votre colère, pleurez votre désespoir de ne pas être respecté. Pour être respecté il faut travailler.

    sep article
    • PT

      04/05/2017
      9:45

      Désolé, vous avez un temps de retard : on nous a déjà accusé (à droite comme à gauche) d’être un sous-marin des Verts, juste après l’arrivée d’Eric Piolle en 2014. Comme quoi, il faut croire qu’il y a des complotistes sur l’ensemble de l’échiquier politique ! 😉

      sep article
    • FM

      04/05/2017
      13:54

      Et sinon, c’est Albert Londres. Pas Robert.

      sep article
      • PT

        04/05/2017
        15:38

        Et sinon, pour info, Place Gre’net n’est pas “déficitaire”. Ne prenez pas vos désirs pour des réalités ! 😀

        sep article
    • Monsieur Lesourt – car c’est vous n’est-ce pas EnzoL? Sinon désolé, mais ce que nous écrivons est tout de même valide.

      Au lieu de jouer au Machiavel de bac à sable parce que “Le Prince” fait 80 pages et est simple à lire, contentez vous, peut-être pour la première fois de votre vie, de dire la vérité – ce qui aura pour conséquence immédiate de vous faire changer de métier, ce qui sera un grand soulagement pour tous.

      Merci/

      sep article
    • sep article
    • “Enzol” : êtes-vous vraiment Enzo Lesourt “conseiller spécial du maire de Grenoble” qui vous exprimez ici ?
      Cela me surprendrait, car je n’attendrai pas moins d’une personne de votre statut, de respecter les obligations liées à votre fonction, et de faire preuve de retenue. Les invectives comme celle-ci, reflètent plutôt des réactions épidermiques et non réfléchies, semblables à celles que l’on peut attendre des lobotomisés qui passent leur temps sur leur smartphone à 600€, à “liker” des commentaires et à s’exprimer en moins de 140 caractères. Si vous êtes vraiment celui que vous prétendez être, et si j’étais le maire, je vous botterai le cul pour votre arrogance et votre suffisance, qui ne produisent comme effet que la seule décrédibilisation de ceux qui nous gouvernent et vous payent, grâce à l’obole publique.
      Aussi merci de ne pas me prouver que j’ai tort.
      PS : je ne fais partie d’aucun parti.

      sep article
  10. L’article d’avant est un entretien avec le maire. L’entretien avec E. Piolle est réservé aux abonnés 462 visite à 22 h 40), mais pas le vôtre (2 212 visites à 22 h 40) … Allez, c’est de bonne guerre, pour un petit site d’info “pure player”. Allez-vous lui donner un droit de réponse s’il le demande ? sera-t-il aussi réservé aux abonnés ?

    Je vous lis depuis vos débuts, je regrette le départ d’un des journalistes fondateurs et de 2 photographes aussi des débuts, mais vous pourriez reconnaitre que vous êtes plutôt anti-Piolle et son équipe. Ce n’est pas un affrontement direct, mais pour qui sait lire entre les lignes ou parfois, même pas besoin de lire entre les lignes, c’est direct, je ne m’étonne pas tellement que vous ayez des problèmes si vous voulez interviewer des élus de la majorité. Et vous n’êtes pas contents que la mairie ait donné priorité au D.L. ? combien de milliers de lecteurs au D.L. ?
    Je ne suis pas encartée, je ne milite pas politiquement, mais, pour être bénévole dans des assos d’aide aux sans papiers, je sais ce que fais la mairie dans le domaine social notamment et je trouve dommage vos attaques continuelles, de même que celles de votre commentateur préféré, M. GAM, Il y a des sujets intéressants, c’est pourquoi je continue à vous lire, malgré votre parti pris.
    Il faudrait vous montrer bien plus impartial dans les sujets que vous traitez pour intéresser le service de presse de la mairie.

    sep article
    • PT

      04/05/2017
      10:15

      Bonjour Caro,

      Oui, c’est le principe d’un site partiellement payant : certains articles sont accessibles sur abonnement, d’autres non… Du reste, nos interviews politiques ont quasiment toujours été accessibles sur abonnement. M. Piolle n’a pas eu droit à un traitement de faveur !

      Deuxième point, le nombre de vues d’un article n’est pas directement corrélé au fait qu’il soit accessible entièrement ou pas. Il suffit de voir le nombre de partages sur les réseaux sociaux (sans commune mesure entre les deux) pour constater que les lecteurs se sont, a priori, davantage intéressés à un article sur la liberté de la presse à Grenoble plutôt qu’à l’interview de M. Piolle.

      Troisième point, désolé là encore de vous décevoir, mais non, nous ne sommes pas “plutôt anti-Piolle et son équipe”. Si l’on suit votre raisonnement, nous sommes quoi alors ? “Pro Chamussy”, “pro Safar”, peut-être même “pro d’Ornano” ? A moins que nous ne soyons vendus aux anarchistes ? La réalité est plus simple : nous ne roulons pour personne, ce qui, selon les cas, déplaît profondément aux aficionados de tel ou tel parti qu’ils soient encartés ou pas…

      Quatrième point, nous n’avons aucun problème avec le DL, les relations sur le terrain sont d’ailleurs excellentes entre journalistes. Le problème vient de la façon dont sont gérées les relations presse au plus haut niveau, comme précisé dans l’article.

      Cinquième point, votre phrase “Il faudrait vous montrer bien plus impartial dans les sujets que vous traitez pour intéresser le service de presse de la mairie” démontre votre conception toute particulière de la liberté de la presse… Donc à supposer que nous soyons partiaux, il serait normal que le service presse nous boycotte ? Si l’on suit votre raisonnement, la presse dite d’opinion – que vous lisez peut-être d’ailleurs ? – a du souci à se faire.
      Pssst ! Petite confidence : ce sont exactement les arguments employés par le FN pour exclure (parfois manu militari) des journalistes de ses meetings…

      Le “petit site d’info” est en tout cas honoré que vous continuiez à le lire et vous souhaite une bonne journée ! 🙂

      sep article
      • Ne vous comparez pas au Quotidien de Yann Barthès interdit de FN !!! ce n’est pas la même pointure et vos “enquêtes” ne sont pas aussi fouillées que ses enquêtes, vu qu’ils expriment souvent un seul point de vue, enfin, quand même pas toujours, mais surtout quand il s’agit de la mairie de Grenoble. Je ne veux pas ma mêler de vos relations, mais vous avez dû sacrément l’indisposer, peut être par des enquêtes uniquement à charge.
        Vous pensez ne rouler pour personne, mais vous roulez plutôt pour l’ancienne équipe Destot, vous semblez bien regretter une direction politique que vous comprenez mieux que celle de l’équipe de Piolle et la métropolisation de plusieurs domaines. La demande de la municipalité de ne pas agir seule, comme la réfection du Palais des sports pour la coupe Davis ou l’accueil d’une arrivée + un départ du Tour de France, pour ne parler que de sport, de l’hébergement d’urgence dont ni la préfecture ni le conseil départemental ne veulent prendre leur part, n’est, à mon sens, pas toujours exposée.
        Pour finir, il est quand même bizarre que vous publiez un article, une interview d’E. Piolle, et l’article suivant pour le démolir. Même si vous mettez toutes les interviews pour les abonnés, cette fois-ci vous auriez dû vous en dispenser pour que TOUS les lecteurs puissent lire son entretien et sa démolition. C’aurait été beaucoup plus juste pour se faire une idée.
        Bonne journée à vous et à l’équipe dans vos certitudes. Les certitudes aident à vivre plus facilement dans ces temps troublés. Surtout ne pas se remettre en question. Danger.
        😉

        sep article
        • PT

          04/05/2017
          15:33

          Nous avions bien compris que, pour vous, la liberté de la presse ne s’appliquait qu’à certains médias et que Place Gre’net ne la méritait pas…
          Sinon, sur le fond, vous n’avez pas le sentiment que votre argumentaire fait un peu penser à une remarque du type : “Elle l’a bien cherché, vu comme elle était habillée à 23 heures, seule dans la rue”…
          Pour ce qui est des “certitudes », attention vous semblez faire de la projection ! 😉

          sep article
          • vous interprétez mes paroles …
            et là encore, je répète que mettre l’interview de Piolle pour les abonnés et l’article où vous le démolissez pour tout le monde sans restriction n’est pas honnête. C’est mon avis et je le partage.
            Bonne soirée 😉

            sep article
    • Anti PIOLLE???
      C’est amusant ces questions de perceptions… je considére place GreNet pro PIOLLE, MELENCHON etc…
      A croire que l’on est toujours le “pro” d’un autre

      sep article
    • FM

      04/05/2017
      18:20

      Vous savez Caro, vous devriez vraiment éviter d’extrapoler. Depuis le temps que je travaille pour Place Gre, on m’a « accusé » d’être de gauche, d’être de droite, d’être d’extrême-gauche et d’extrême-droite, d’avoir des sympathies pour Pince-mi et; parfois dans le même article, des sympathies pour Pince-moi, son ennemi juré. Je pense que, d’une part, si vous preniez le temps de faire l’état des lieux des articles publiés sur le site, vous verriez que vous sommes attachés à l’équité de parole. Et d’autre part, vous seriez très surprise si vous connaissiez mes orientations politiques. Parce que j’en ai, évidemment, et très fortement ancrées en moi. Mais je ne me soucie pas de les faire transparaître dans mes articles, parce que ce n’est pas le lieu, Place Gre’net n’est pas un média d’opinion, contrairement à ce que certains s’obstinent à penser pour mieux, peut-être, se voiler la face quant à la réalité des faits et des opinions que nous relatons. Le lecteur se fiche de ce que JE pense, et moi même je me fiche de lui dire, car là n’est pas l’objet. Je n’ai pas la prétention de vous faire changer d’avis, mais sur cette question précise, je puis vous assurer que vous vous fourvoyez. Mais vous n’avez jamais été agressive ni insultante dans vos commentaires, ce qui est loin d’être le cas de tout le monde. Aussi je vous remercie pour votre pondération et votre courtoisie, qui font beaucoup de bien par les temps qui courent. Cordialement.

      sep article
      • Je n’extrapole pas, je n’ai pas dit que tous les articles étaient anti-Piolle, il n’empêche que je trouve que c’est l’impression qui se dégage du site, je trouve, peut être aussi à case des sempiternels commentaires, eux carrément anti-Piolle de M. GAM.
        Vous, vous respectez la charte de déontologie du journaliste, vous m’en voyez ravie, sincèrement.
        Le site a changé, par rapport à ses débuts, comme il a changé aussi de structure. Bon, il faut bien évoluer … je ne sais pas si c’est dans le bon sens, j’ai été tellement échaudée par ce qui est arrivé à Rue 89 dont j’ai été une riveraine des débuts.
        Je continuerai à lire et commenter, suivant mes idées.
        Bonne continuation 😉

        sep article
      • sep article
  11. Bravo et merci de mettre en lumière les méthodes nauséabondes d’Eric Piolle et son équipe, méthodes d’extrémistes n’ont pas leurs places à Grenoble la résistante. Vive la liberté d’expression pour tous.

    sep article
  12. A titre perso je suis content de vous lire / d’avoir de l’actu sur mon territoire.
    Pas toujours d’accord, mais toujours content d etre informé.
    (et quelle que soit la majortité, ceux ci je pense ne sont pas pires)
    Merci pour votre travail, en espérant que vous puissiez continuer longtemps

    sep article
  13. Ping : Article édifiant sur la « stratégie de la communication » de la municipalité PG-EELV grenobloise, ou Tintin au pays des Soviets confronté aux méthode du FN. – GROUPE D'ANALYSE METROPOLITAIN

  14. (a) Merci à l’équipe municipale de la reconnaissance du travail du GAM et de cette publicité gratuite
    (b) A la rédaction de Place Gre’net: vous avez raison de dénoncer ces pratiques nauséabondes et l’enfreinte systématique à votre travail de journaliste.

    Continuez votre excellent boulot: nombreux sont les gens qui l’apprécient.

    sep article
    • On voudrait bien connaitre la différence entre Pascal Clerote, et le GAM, parce qu’on dirait un genre d’organisme unipersonnel qui permet a son auteur de s’imaginer une respectabilité plutôt que de passer pour un vieil aigri.

      sep article
      • Comment dire? Comment dire?
        Si vous croyez que Pascal CLEROTTE seul est à l’origine de la production du GAM, alors Pascal CLEROTTE est un génie possédant une capacité de travail herculéenne et des compétences pointues dans tous les domaines de la vie publique au point qu’il faut tout de suite nommer Maire de Grenoble en remplacement d’Eric Piole pour le reste du mandat.

        Nous vous rassurons: Pascal CLEROTTE, s’il est loin d’être imbécile, n’est certainement pas un génie.

        Quant à l’anonymat des 26 autres membres du GAM, il existe justement pour les protéger d’attaques personnelles comme celle à laquelle vous venez de procéder contre Pascal CLEROTTE.

        Quant à notre aigreur supposée, figurez vous qu’au GAM on bosse dans la joie et la bonne humeur. C’est un plaisir de faire la chasse aux mensonges, aux illégalités, aux hypocrisies et aux incompétences d’élus prétendant changer le monde sans demander l’avis de ceux qui le peuplent.

        sep article
  15. Pour aller dans le même sens (affligeant), voir cet article du Postillon datant de septembre dernier (https://www.lepostillon.org/Grenoble-sera-t-elle-insoumise.html)

    Les élus doivent-ils demander l’autorisation d’aller pisser au cabinet ?

    On a comme l’impression que des élus ont envie de passer par Le Postillon pour exprimer des désaccords, sans l’assumer publiquement. Suite à deux articles du Postillon offrant aux lecteurs des extraits de mails entre élus, tous les élus savent que leur liste mail est « percée ». Et que ce qu’ils y écrivent peut potentiellement finir dans notre journal, selon le bon vouloir des personnes qui nous les envoient par la Poste ou les posent dans notre boîte. L’échange de mails qui suit montre ainsi que certains élus sont excédés d’être « infantilisés » par le « Politburo » (les attachés de groupe, les membres du cabinet, le maire et quelques adjoints influents – voir Le Postillon n°31), désirant à tout prix contrôler toutes leurs expressions publiques. Avant de l’offrir à nos lecteurs, nous tenons à signifier aux élus désirant se servir de notre journal pour communiquer des informations que ça serait plus simple, et plus sympa, s’ils contactaient directement notre rédaction… Ça nous éviterait d’avoir à tout retaper.

    Le 1er septembre à 11h33, Stéphane Bieganski, un des attachés du groupe de la majorité municipale, envoie un mail aux élus : « Une journaliste de l’Express va peut-être essayer de prendre rendez-vous avec vous dans les jours à venir. Si tel était le cas, merci de ne pas caler de date avec elle et de nous faire remonter ça, histoire qu’on coordonne ce qu’on pourrait lui dire. » à 12h55, l’adjoint aux finances Hakim Sabri s’insurge contre cette consigne : « En ce qui me concerne, j’ai fixé le RDV le Mercredi 7 à 11h00. Je pensais aborder ce sujet au séminaire, cela n’a pas été le cas …. Mais j’informe que pour la fin du mandat, même si j’ai bien conscience qu’il nous faut maîtriser notre communication….Je n’accepterai plus cette façon de nous ‘‘infantiliser’’ en permanence sur nos expressions. Si nous avions été très bons en communication, nous ne serions pas dans la situation actuelle qui ne me semble pas à notre avantage… J’ai fait un mandat dans l’opposition, je suis maintenant dans une majorité et je conçois que la situation soit différente mais je ne dois pas demander une permission à chaque fois que je dois m’exprimer. Sur la situation financière (…), soit je sais de quoi je parle…. soit il faut me changer de délégation voire même me virer ! ». A 13h22, l’adjoint à la démocratie locale Pascal Clouaire appuie : « Idem pour moi, le rdv est fixé. » Immédiatement, la co-présidente du groupe Laurence Comparat recadre : « Il ne s’agit bien évidemment pas d’empêcher qui que ce soit de s’exprimer, mais de s’assurer que nos différentes expressions sont cohérentes ! Et également que personne ne soit surpris par un journaliste qui vous demande ‘‘et que pensez vous de ce que dit votre collègue XXXX ?’’ alors que vous ne savez pas ce que XXXX a bien pu dire ;-), bref de bien conserver notre démarche collective. Merci donc de bien vous mettre en rapport avec Stéphane avant vos interviews de façon à bien préparer tout cela, et que notre majorité, bien que s’exprimant de façon plurielle, continue à porter sa parole singulière ! ». Ah oui, on a oublié de vous préciser : Laurence Comparat est adjointe à « l’accès à l’information ». Une information très contrôlée, où les élus doivent « demander la permission » avant de recevoir un journaliste.

    Ceci nous a été confirmé quelques jours plus tard. Début septembre, un des journalistes du Postillon réalisant un article autour de la fermeture de la bibliothèque Alliance (voir page 10) a essayé de contacter plusieurs fois l’élu de secteur René de Ceglié. Après un silence d’une semaine, le directeur de publication a reçu le mail suivant de la part d’Enzo Lesourt, « conseiller spécial » au cabinet du maire : « René de Céglié m’a informé du fait que Le Postillon souhaite lui poser quelques questions, au sujet de l’actualité municipale. Peux-tu lui faire parvenir les questions par écrit à rene.deceglie@grenoble.fr ? Ainsi qu’à moi en copie (enzo.lesourt@grenoble.fr), pour suivi ? ». Et pour aller pisser ? Faut aussi avoir un suivi au cabinet ?

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