Bibliothèques : la Ville de Grenoble présente ses projets sur fond de crise

sep article



FOCUS – Alors qu’Eric Piolle, maire de Grenoble et Corinne Bernard, son adjointe aux cultures tenaient, ce lundi 23 janvier, un point presse sur l’actualité du réseau des bibliothèques en 2017, le groupe des Bibliothécaires de Grenoble en lutte leur a volé la vedette…

 

 

 

IntrusionConferenceDePresse23Janvier2017MiltantsBibliothequesCreditSeverineCattiaux

Les mili­tants du groupe des « Bibliothécaires de Grenoble en lutte » tentent de négo­cier pour res­ter à la confé­rence de presse orga­ni­sée par la Ville, ce 23 jan­vier, sur l’ac­tua­lité des biblio­thèques en 2017. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Corinne Bernard, adjointe aux Cultures et Eric Piolle, maire de Grenoble avaient donné ren­dez-vous aux jour­na­listes, ce lundi 23 jan­vier. Le thème du jour ? « Les biblio­thèques de Grenoble en 2017, actua­li­tés, moder­ni­sa­tion du réseau, pro­jets ».

 

L’objectif de la Ville était aussi de rééqui­li­brer son temps de paroles vis-à-vis des oppo­sants aux fer­me­tures des biblio­thèques Prémol et Hauquelin.

 

Ces der­niers ont abon­dam­ment fait par­ler d’eux ces der­niers mois et, tout récem­ment encore, en ten­tant d’empê­cher le départ de livres. Mais ce n’é­tait visi­ble­ment pas encore assez à leur goût…

 

 

Les journalistes accueillis par les contestataires

 

 

Ainsi, ce lundi matin, les Bibliothécaires de Grenoble en lutte étaient-ils les pre­miers arri­vés devant la Bibliothèque d’étude et du patri­moine. Et ceux-ci de dis­tri­buer aux médias un texte inti­tulé « Fermer des biblio­thèques, ça a mau­vaise presse ! », rela­tant leur vision de « l’actualité et les pro­jets 2017 », cri­ti­quant lar­ge­ment le pro­jet de « biblio­thèque de troi­sième lieu » que pour­rait deve­nir l’Alliance…

 

Tract en poche, les jour­na­listes invi­tés au 12e étage, lieu de la confé­rence, montent dans les étages. A leur arri­vée, on les invite à prendre le café. Des cadres du ser­vice culture, quelques membres du cabi­net du maire et du ser­vice de com­mu­ni­ca­tion et l’ad­jointe aux cultures sont déjà sur place. Tout le monde attend Eric Piolle. A proxi­mité des éta­gères de livres, un petit salon rouge digne d’une biblio­thèque de type « troi­sième lieu », où culture rime avec convi­via­lité, a été apprêté pour la confé­rence. Déboulent alors – il fal­lait s’en dou­ter – les mili­tants, bien déci­dés à assis­ter à la confé­rence de presse.

 

 

 

« Vous êtes en train de saboter la conférence de presse »

 

 

Surprise et gênée, Corinne Bernard les enjoint avec diplo­ma­tie et fer­meté de quit­ter les lieux. La confé­rence n’est pas ouverte au public. « Il y a cer­tai­ne­ment de très bonnes choses dans vos pro­jets pour les biblio­thèques, mais pour­quoi fer­mer des biblio­thèques ? », ques­tionne l’une des mili­tantes, qui espère res­ter pour la confé­rence de presse.

 

UNEMilitantsContreFermetureDesBibliotheques23Janvier2017CreditSeverineCattiaux

Corinne Bernard, adjointe aux Culture, à gauche, en face les mili­tants « Bibliothécaires de Grenoble en lutte ». © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

L’adjointe s’agace, sug­gère aux mili­tants d’organiser – comme ils savent le faire – un autre temps, à part, avec la presse… Mais l’occasion de pro­fi­ter, de nou­veau, de l’at­ten­tion des médias, est trop belle. « Tout ce réseau modèle des biblio­thèques de Grenoble, vous êtes en train de le cas­ser [deux biblio­thèques ont fermé, une troi­sième sera trans­for­mée] », dénonce l’un des mani­fes­tants, à l’en­droit de l’ad­jointe.

 

L’un des res­pon­sables du cabi­net (qui pré­vient qu’il ne veut pas que son nom soit men­tionné, ni sa photo publiée) prend le relais de Corinne Bernard, et s’a­dresse aux mili­tants : « Je vous pro­pose de prendre un temps pour échan­ger, mais le maire ne vien­dra pas tant que vous serez là [] Puis de lâcher : « Vous êtes en train de sabo­ter la confé­rence de presse. »

 

Intrusion4ConferenceDePresse23Janvier2017MiltantsBibliothequesCreditSeverineCattiaux

Les mili­tants oppo­sés à la fer­me­ture des biblio­thèques et à la trans­for­ma­tion d’Alliance en « troi­sième lieu » ont atteint leur objec­tif : les médias vont de nou­veau par­ler d’eux. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

Au tour d’une autre res­pon­sable du cabi­net de dis­cu­ter avec les mili­tants et de leur assu­rer que la Ville n’empêche aucu­ne­ment leur péti­tion d’être dif­fu­sée, quoi qu’ils aient l’air d’af­fir­mer… Néanmoins, le mora­toire n’est pas envi­sa­geable, assène-t-elle. Quelques minutes plus tard, le col­lec­tif rebrousse che­min. Il n’a pas pu res­ter pour la confé­rence mais a, au moins, pu s’ex­pri­mer.

 

 

« Plus qu’un changement, c’est une transformation qui sera à l’œuvre »

 

 

Quelques ins­tants plus tard, arrive Eric Piolle. Prenant place dans le fau­teuil rouge, au côté de Corinne Bernard, le maire de Grenoble tient tout d’a­bord à réaf­fir­mer son atta­che­ment à la culture et à l’éducation, « qui ont un rôle majeur dans l’exercice de la démo­cra­tie ».

 

EricPiolleCorinneBernardConfBibliotheques23Janvier2017CreditSeverineCattiaux

Eric Piolle, maire de Grenoble et Corinne Bernard, adjointe aux cultures, le lundi 23 jan­vier 2017, à la biblio­thèque d’é­tudes et du patri­moine. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Puis l’édile énon­cer quelques chiffres, pour sou­li­gner le dyna­misme du réseau des biblio­thèques : 1,2 mil­lion de docu­ments dont la moi­tié est en prêt,  36 000 ins­crits, « le double de ce qui se pra­tique dans les villes de la même taille ». Et de men­tion­ner les 800 000 “séjour­neurs”, « qui font bien plus qu’emprunter un livre dans une biblio­thèque », dis­til­lant l’idée que, de la biblio­thèque au « troi­sième lieu », il n’y a qu’un pas…

 

Quid d’ailleurs du pro­jet pour la biblio­thèque Alliance, pro­mise à deve­nir « un troi­sième lieu » ? Corinne Bernard l’an­nonce : « La démarche de concer­ta­tion débute le 1er février pro­chain à 18 heures, au Pacifique. Elle est ouverte à tous, en pré­sence de l’élu de sec­teur René de Ceglié. » Des ate­liers de tra­vail, ani­més par un inter­ve­nant exté­rieur, vise­ront ensuite à faire un « état des lieux », à « se pro­je­ter dans l’avenir », et à « mettre sur pied un pro­jet viable », pour­suit l’ad­jointe.

 

« Plus qu’un chan­ge­ment, c’est une trans­for­ma­tion qui sera à l’œuvre. Ce que l’on sou­haite, c’est que les gens s’en emparent », déclare-t-elle. Les biblio­thé­caires seront éga­le­ment asso­ciés à la construc­tion du pro­jet. Et Corinne Bernard de balayer d’un revers de la main des infor­ma­tions qui cir­culent, selon les­quelles « un étage de la biblio­thèque serait sup­primé » ou que la future biblio­thèque devien­drait une sorte d’é­ta­blis­se­ment « bas de gamme ».

 

 

 

« Ne pas regarder les choses par le petit bout de la lorgnette »

 

 

En fin de confé­rence de presse, Eric Piolle et Corinne Bernard, ques­tion­nés de nou­veau sur la fer­me­ture des biblio­thèques et le mécon­ten­te­ment des mili­tants, sont visi­ble­ment las­sés par toute cette agi­ta­tion.

 

CorinneBernard23Janvier2017CreditSeverineCattiaux

Lundi 23 jan­vier 2017, Corinne Bernard, adjointe aux cultures : « Le bud­get des biblio­thèques reste le plus impor­tant du ser­vice culture ». © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Le maire et l’adjointe invitent tout un cha­cun à « élar­gir le zoom, à ne pas regar­der les choses par le petit bout de la lor­gnette […] Les 3 % de per­son­nel, six postes en moins [192 agents en 2017 contre 198 en 2016], ça ne semble pas per­ti­nent, au regard de tout ce que nous avons à construire. »

 

Des inno­va­tions et des pro­jets à construire en 2017, il y en a bien, en effet.

 

Dès mars, un lec­teur pourra rap­por­ter dans n’im­porte quelle biblio­thèque des livres emprun­tés dans le réseau. Il faut aussi rete­nir l’ouverture de la biblio­thèque Arlequin, sur le Patio, au prin­temps 2017, l’accueil d’une sec­tion jeu­nesse (avec 8 000 docu­ments)  des­ti­née aux 13 ans et plus à la biblio­thèque Kateb Yacine, « dans un lieu com­mer­cial, ce qui est quelque chose de très posi­tif », com­mente le maire.

 

Pour fin 2017- début 2018, est aussi annoncé le réamé­na­ge­ment de la biblio­thèque d’étude et du patri­moine afin d’ac­cueillir l’ar­to­thèque de la biblio­thèque Kateb Yacine. Sans oublier la kyrielle de ren­dez-vous et d’a­ni­ma­tions cultu­relles que mène­ront encore les biblio­thèques, à l’échelle du quar­tier ou de la Ville, que ce soit dans les struc­tures ou hors les murs, tout au long de l’an­née.

 

 

Séverine Cattiaux

 

 

commentez lire les commentaires
5082 visites | 11 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 11
  1. Bonjour
    De plus le simple fait que caro rea­gisse prouve que je dois avoir rai­son.
    Pour ma part je ne me suis jamais cache deriere un pseudo.
    Je vous le repete je connait la lache­tee des HOMMES.…..
    FAUT BIEN MANGER.….
    BENYOUB ABDELKADER
    14 RUE GEORGE SAND
    38100 GRENOBLE

    sep article
    • « Je vous le repete je connait (sic) la lache­tee (sic) des HOMMES…… »

      Mais vous ne connais­sez pas le cou­rage des FEMMES 😉

      sep article
      • Bonjour,

        Caro on se calme. Quand on dit les HOMMES, M BENYOUB parle plus géné­ra­le­ment de l »espèces humaines.… c’est bien mal le connaître. Vous devriez vous ren­con­trer vous auriez tant de choses à vous dire. N’ayez craintes, il ne mort pas !
        Sur le fond du sujet. Tout cela est très brouillon. Les pseu­dos concer­ta­tions, les annonces brouillonnent, des déci­sions tech­no­cra­tiques et illi­sibles, deviennent incom­pré­hen­sibles pour les habi­tants.
        Il est plus facile de faire des annonces auprès de la presse qu’auprès des habi­tants.

        Cordialement,

        Frédéric

        sep article
  2. Bonjour :
    Pour info :
    http://www.ledauphine.com/isere-sud/2015/05/16/marianne-a-du-mal-a-reconnaitre-une-partie-de-ses-enfants
    Contairement a cer­tains je parle je defends tous les Grenoblois pas seule­ment un microcosme.Par contre je parle quand je vois des injustices.Et celle ma est quand meme dure a ava­ler.
    La poli­tique de la ville menee a Grenoble a ete meur­triere et nous avons les chiffres et les res­pon­sables.
    Que les ins­ti­tu­tions ferment les yeux cela ne m’e­tone pas mais pas du tout.Je repete je connait la lache­tee des hommes.…
    BENYOUB A

    sep article
  3. Bonjour
    J’ai deja repondu a caro.
    Nous pre­nons les der­niers res­pon­sables de ces stuctures,les comptes et le bilan de ces memes struc­tures.
    Ne pas oublier les jour­na­listes locaux.Je vous laisse le soin de conve­nir d’un rdv.
    Si on ne trouve rien je tra­verse le quar­tier de la vil­le­neuve en string.
    BENYOUB.A

    sep article
  4. Bonjour
    Il faut suivre le men­teur jus­qu’a sa porte.…
    Nous l’a­vons fait et nous nous sommes appercu qu’il n’ont pas le debut de la solu­tion.
    La poli­tique c’est tout un art sur­tout celui d’en­fu­mer l’e­lec­teur.
    Et nous n’a­vons pas encore par­ler des mal­ver­sa­tion finan­cieres dans les struc­tures sociales et pas encore trou­ver de pro­fes­sion­nelle pour en par­ler.
    BENYOUB.A

    sep article
    • si vous n’a­vez pas trouvé (avec un é) de pro­fes­sion­nel ou pro­fes­sion­nelle (ça dépend si vous par­lez d’un homme ou d’une femme) pour en par­ler, c’est qu’il n’y en a cer­tai­ne­ment pas (de mal­ver­sa­tions finan­cières). Enfin, adres­sez-vous à Carignon, lui qui a sorti une affiche « ils ont ruiné Grenoble » il doit pou­voir vous aider à citer des faits avé­rés :-))

      sep article
  5. Bon, ils ont com­pris que c’était contre­pro­duc­tif, voire impru­dent, de lais­ser l’ad­jointe aux cultures seule avec des jour­na­listes.….
    Mais les gros bras (idéo­lo­giques !) du cabi­net et de la com­mu­ni­ca­tion plus les cadres cultu­rels, plus le maire lui même, et tout cela pour ne rien dire, ce n’est pas très éco­nome ni fru­gal …!! Un peu « too much », non ?
    Madame Bernard, cou­rage !
    Audi, vide, tace, si vis vivere !!

    sep article
  6. Et de quelles « inno­va­tions » parlent-ils cré nom d’une pipe !
    Ca suf­fit la nov­langue conve­nue, insi­pide et sans aucun sens ! Mettre des cana­pés et des tables basses dans des biblio­thèques n’est pas une inno­va­tion ! Pas plus que les boîtes à livres ou les biblio­bus !
    Ce n’est pas en construi­sant un café pour bobos façon « Central perk » de Freinds qu’on va répondre à des habi­tants et à des pro­fes­sion­nels qui disent que le seul ser­vice public de proxi­mité dans leur quar­tier, fon­da­men­tal à la vie de leur quar­tier, a été fermé de manière par­fai­te­ment arbi­traire !

    Cette manie de ne jamais répondre aux ques­tions posée est insup­por­table !

    Quant au membre du cabi­net qui ne veut ni être nommé ni être pris en photo, tout le monde sait de qui il s’a­git…

    sep article
  7. 6 mois après la déci­sion arbi­traire de fer­mer 3 biblio­thèque, la muni­ci­pa­lité pré­sente ses pro­jets pour les bibs.

    Ce qui veut dire qu’en Juin, elle n’a­vait aucun pro­jet car enfin, sinon elle l’au­rait présenté.Gribouilles. C’est une bande de par­faits gri­bouilles.

    Félicitations au Collectif qui ne lâche rien ! Faire jouer son droit de parole citoyenne n’est en aucun cas un sabo­tage.

    La muni­ci­pa­lité gre­no­bloise agi de plus en plus avec des pro­cé­dés com­pa­rables à ceux de Donald Trump.

    sep article