Du miel urbain pour sensibiliser les écoliers grenoblois à la protection des abeilles

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FOCUS – La ville de Grenoble compte aujourd’hui treize ruches, après avoir commencé par seulement deux en 2010. Une activité qui a généré en 2016 une production de 150 kilos de miel, dont profitent notamment des enfants en cours préparatoire. Les élèves de CP de l’école Anatole-France ont ainsi reçu un pot de miel chacun, ce jeudi 12 janvier, en présence de deux élus et trois techniciens des espaces verts de Grenoble. Une façon de les sensibiliser à la biodiversité.

 

 

 

« Du miel, du miel, du miel ! » Les élèves des deux classes de CP de l’école pri­maire Anatole-France étaient par­ti­cu­liè­re­ment enthou­siastes à l’idée de rece­voir leur petit pot de la pré­cieuse pro­duc­tion mel­li­fère, ce jeudi 12 jan­vier en début d’a­près-midi.

 

Explication de la fabrication du miel par Jacques Ginet à une classe de Cp de l'école Anatole France le 12 janvier 2017 © Corentin Libert

Explication de la pro­duc­tion du miel par Jacques Ginet à une classe de CP de l’é­cole Anatole-France, le 12 jan­vier 2017. © Corentin Libert – placegrenet.fr

Une dis­tri­bu­tion accom­pa­gnée d’une pré­sen­ta­tion de l’apiculture et de la ges­tion des ruchers (ensemble de ruches), en pré­sence de Lucille Lheureux, adjointe aux espaces publics et à la nature en ville, de Fabien Malbet,
adjoint à l’é­cole et au patri­moine sco­laire, ainsi que de trois tech­ni­ciens des espaces verts de Grenoble.

 

L’objectif ? Sensibiliser les élèves à l’im­por­tance de la bio­di­ver­sité et du rôle des abeilles. Particulièrement sages, les enfants ont pu décou­vrir com­ment était pro­duit et récolté le miel ainsi que le pro­ces­sus de pol­li­ni­sa­tion. Un évé­ne­ment avant tout « péda­go­gique », selon Jacques Ginet, tech­ni­cien aux espaces verts et enca­drant des équipes d’apiculteurs.

 

 

 

Un miel urbain de qualité et respectueux de la biodiversité

 

 

La démarche est éga­le­ment éco­lo­gique, les abeilles – insectes dont le rôle est essen­tiel dans la pol­li­ni­sa­tion – étant comme le sait en dan­ger, notam­ment du fait des pes­ti­cides. Il ne s’a­gis­sait pas non plus d’in­tro­duire et d’é­le­ver au cœur de la ville de Grenoble n’im­porte quel type d’a­beilles, au risque de déve­lop­per à outrance une espèce domes­tique déjà très répan­due (Apis mel­li­fera) pou­vant cau­ser du tort aux abeilles sau­vages.

 

« On essaie d’avoir des sources rus­tiques, c’est-à-dire des abeilles qui résistent très bien aux para­sites et au cli­mat », explique Jacques Ginet. D’où le choix de l’abeille noire, espèce pré­sente dans les ruches gre­no­bloises. La Ville veille par ailleurs à évi­ter toute sur­ex­ploi­ta­tion pour ne pas nuire aux insectes sau­vages, rai­son pour laquelle le nombre de ruches ins­tal­lées sur la Bastille est limité.

 

Pot de miel de Grenoble © Corentin Libert

Pot de miel de Grenoble. © Corentin Libert – placegrenet.fr

Une ques­tion se pose tou­te­fois. La pol­lu­tion très pré­sente dans le bas­sin gre­no­blois influe-t-elle sur la qua­lité de la pro­duc­tion ?

 

Jacques Ginet se veut ras­su­rant sur ce point : « On a ana­lysé le miel il y a deux ans, et l’on s’est aperçu que celui pro­duit en ville était très propre par rap­port à celui pro­duit dans la nature et les zones agri­coles. Il y a beau­coup moins de pes­ti­cides dedans. Même si l’on retrouve par­fois quelques petites par­ti­cules de car­bone, c’est à peine quan­ti­fiable. »

 

 

 

« La ville n’a pas vocation à devenir une énorme miellerie »

 

 

Grâce à ses treize ruches ins­tal­lées dans dif­fé­rents quar­tiers et parcs gre­no­blois, la Ville de Grenoble a récolté 150 kg de miel en 2016. La moi­tié de la pro­duc­tion va cette année être dis­tri­buée à des enfants de CP dans quatre écoles du même sec­teur, puis les sec­teurs appro­vi­sion­nés chan­ge­ront tous les ans. A terme, « tous les enfants gre­no­blois auront ainsi eu une fois dans leur sco­la­rité ce pot de miel », escompte Lucille Lheureux.

 

Lucille Lheureu et Fabien Malbet avec un pot de miel de Grenoble - 12 janvier 2017 © Corentin Libert

Lucille Lheureux et Fabien Malbet avec un pot de miel de Grenoble le 12 jan­vier 2017. © Corentin Libert – placegrenet.fr

Une par­tie des pots est éga­le­ment des­ti­née aux cadeaux pro­to­co­laires faits aux délé­ga­tions étran­gères. « Le miel est ainsi un moyen de mon­trer aux autres élus que nous sommes enga­gés dans une poli­tique envi­ron­ne­men­tale », explique Lucille Lheureux.

 

Le miel est par ailleurs exposé sur des stands de sen­si­bi­li­sa­tion à l’apiculture et aux pra­tiques éco­lo­giques, offert aux lau­réats du concours des bal­cons fleu­ris ou encore réparti dans des foyers de per­sonnes âgées et de sans-abris quand il y a un sur­plus comme l’an der­nier.

 

La Ville n’en­tend en tout cas pas déve­lop­per sa pro­duc­tion pour la vendre. « Si on peut aug­men­ter le nombre de ruche, ce sera une bonne chose mais l’objectif de la Ville n’est pas de pro­duire du miel », rap­pelle Lucille Lheureux.

 

 

 

Un pot de miel pour tous

 

 

Elus et techniciens de la ville avec une classe de Cp de l'école Anatole France © Corentin Libert

Élus et tech­ni­ciens de la ville avec une classe de CP de l’é­cole Anatole France © Corentin Libert – placegrenet.fr

C’est donc une petite qua­ran­taine d’enfants qui sont ren­trés chez eux avec un petit pot dans leur sac, ce jeudi. A tra­vers cette cam­pagne, la Ville affiche la volonté de faire décou­vrir le miel à tous. En effet, cer­tains élèves n’en avaient jamais goûté. Pour Lucille Lheureux, cette dis­tri­bu­tion aux enfants per­met de « tou­cher toutes les caté­go­ries sociales, tous les milieux sociaux, tous les quar­tiers de la ville ».

 

Sensibilisation à la bio­di­ver­sité, péda­go­gie ou com­mu­ni­ca­tion… L’opération a en tout cas bien plu aux enfants qui ont remer­cié les tech­ni­ciens et les élus par une petite chan­son !

 

 

Lucine Hugonnard

 

 

Pays Voironnais, un jour, une activité
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