CVCM : le moratoire réclamé par un collectif balayé par la Métro

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FOCUS – Le projet Cœurs de ville, cœurs de métropole ne sera pas suspendu, comme le réclame le collectif de commerçants et d’habitants Grenoble à cœur. C’est la réponse que leur a faite le président de la Métro, à quelques jours du bilan de la concertation. Modifié ? A la marge, et sur la base d’options prévues avant la concertation. Pas suffisant pour le collectif qui n’exclut pas de se tourner vers les tribunaux.

 

 

 

Un collectif d'habitants et de commerçants réclament la suspension du projet de piétonnisation du centre-ville. Et proposent des alternatives.

© Patricia Cerinsek

Le projet Cœurs de ville, cœurs de métropole ne sera pas suspendu.

 

C’est la réponse qu’a faite le président de la Métropole, Christophe Ferrari, le 3 janvier dans un courrier adressé aux commerçants du centre-ville qui réclamaient un moratoire du projet de piétonnisation des boulevards Sembat, Rey et Lyautey.

 

Modifié ? Même pas. Ou à la marge. Pas question donc de maintenir la circulation sur le boulevard Agutte-Sembat. Le projet de rendre piéton cet axe est la colonne vertébrale du projet porté par la Métro, qui prévoit également de fermer à la circulation dans les rues Lakenal et Montorge et d’instaurer le double sens sur le boulevard Gambetta.

 

 

Rien de neuf…

 

 

De ce plan de circulation, le collectif qui s’est constitué en réaction à CVCM n’en veut pas. Il l’a fait savoir à plusieurs reprises. Par courrier notamment, ou en manifestant le 5 décembre devant l’hôtel de Ville de Grenoble. En proposant un contre-projet aussi : celui de maintenir le trafic sur Sembat et Montorge, de faire du boulevard Gambetta l’axe structurant vélos et de revoir l’élargissement du secteur piéton avec les riverains et les usagers. Voire de rendre piétons le boulevard Sembat et la rue Montorge les dimanches et jours fériés.

 

Simulations des reports de circulation par le cabinet d'études Transitec : moins d'un côté, plus de l'autre...

Simulations des reports de circulation par le cabinet d’études Transitec : moins d’un côté, plus de l’autre…

Mais de cette alternative, le président de la Métro* n’en veut visiblement pas non plus. Bref, pas question de transiger, ni de repousser le projet. Le modifier ? A la marge alors. Et encore…

 

La piétonnisation de Sembat abandonnée au droit de la place Victor-Hugo parce qu’elle « induisait de par le report de nombreux bus et cars sur le boulevard Gambetta une dégradation de l’accessibilité qui ne pouvait être compensée ailleurs » ? C’est ce que propose Christophe Ferrari. Rien de neuf en fait, cette option ayant déjà été prévue avant la concertation.

 

 

Le collectif dénonce un « simulacre de concertation »

 

 

La circulation est bien maintenue au nord, sur le boulevard Édouard Rey, et au sud, sur le boulevard Maréchal Lyautey, « afin notamment de faciliter l’accès, respectivement, aux parking en ouvrage Philippeville et Chavant et Hoche ». Mais ce scénario avait aussi été prévu avant la concertation.

 

Bref, rien de neuf. C’est ce que dénonce le collectif, après le « simulacre de concertation » dont le bilan et les orientations retenues seront présentées ce jeudi 5 janvier.

 

Commerçants et unions de quartier réunis dans le collectif Grenoble à cœur contestent le projet de piétonnisation de CVCM et proposent des alternatives. crédit Patricia Cerinsek

Commerçants et unions de quartier réunis dans le collectif Grenoble à cœur contestent le projet de piétonnisation de CVCM © Patricia Cerinsek

« La coupure à la circulation de l’axe Sembat-Rey-Lyautey, est un choix sans discussion possible, souligne le collectif. Ce choix était fixé avant tout début de concertation et a été présenté comme irrévocable à la concertation ». Un « passage en force » qui viserait à supprimer près de 50 % des véhicules du centre-ville mais entraînerait reports de circulation et de pollution, notamment vers les quartiers sud de la ville.

 

« Le plan de circulation du centre-ville élargi étudié par Transitec repose sur l’hypothèse d’une baisse de la circulation de 18 500 sur 141 200 déplacements de véhicules par jour. Si on prolonge la baisse obtenue les années passées, avec une offre accrue des transports en commun, il faudrait quatre à cinq ans pour arriver à ce résultat. Le projet CVCM/Grenoble voudrait obtenir ce résultat en un trimestre. C’est impossible sans graves conséquences. De même, l’hypothèse de départ de cette étude, d’une part de déplacements cyclistes trois fois supérieure du jour au lendemain, nous paraît totalement irréaliste », note le collectif, qui réclame toujours un moratoire du projet. Et n’exclut pas de saisir la justice.

 

 

Patricia Cerinsek

 

 

* Contacté à plusieurs reprises, Christophe Ferrari n’a jamais donné suite à nos demandes d’interview.

 

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Commentaires 6
  1. Ping : [Place Gre’Net] Grenoble élargit son centre-ville piéton : coup d’envoi dans un mois | Rassemblement Citoyen Solidaire Ecologiste (RCSE) Grenoble-Alpes Métropole

  2. Pour information, quelle est la source des chiffres en citation en fin d’article ? On ne retrouve pas du tout ça dans les Annexes de l’étude dispos ici http://www.auvergne-rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/IMG/zip/dossier_partie2-3.zip

    Et aussi dans le dossier de participation de la Métro. Soit -20 800 en projeté au centre, soit -14,7%. Et pas -50% comme votre interlocuteur a tenté de bluffer à mon avis. Merci de vérifier ces chiffres pour ne pas juste relayer des avis partisans.

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    • PC

      06/01/2017
      9:31

      Cette baisse de 50 % est l’estimation faite par le collectif d’une évolution à moyen terme du trafic. « Elle tient compte de la difficulté accrue d’accès et de la réduction des places de parking par la municipalité grenobloise », précise Grenoble à cœur qui s’appuie pour cela sur les objectifs affichés par l’ADTC dans son livre blanc d’avril 2015. Ce rapport demande l’expérimentation d’une Zone à Trafic Limité sur Agutte Sembat avant extension au bd Gambetta et la mise en place du principe 50/50 pour le partage de l’espace public (ratio maximum de 50 % pour l’automobile _contre plus de 80 % en général aujourd’hui_ et de 50 % pour les autres modes de transport).

      La Métro table de son côté sur une baisse de près de 15 % du trafic, chiffre issu de l’étude Transitec. Les calculs sont contestés notamment par le collectif de commerçants et d’habitants mais aussi par les oppositions municipale et métropolitaine. Pour le collectif, les chiffres annoncés par le cabinet d’études ne sont qu’une estimation « basse » de l’impact du nouveau plan de circulation. Les commerçants et habitants estiment qu’à plus ou moins longue échéance, le nouveau plan de circulation se traduira par des reports de trafic, générant des embouteillages du centre ville dissuasifs pour son accès. L’effet boule de neige en somme.

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      • Merci pour l’explication et c’est donc bien une estimation partisane faite par « Grenoble à Coeur ». Ont t-ils les compétences pour affirmer ça ? Quelle limite avec de la désinformation ? Je veux bien les croire mais il faut un peu plus de solide à mon sens.

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  3. « maintenir le trafic sur Sembat et Montorge, de faire du boulevard Gambetta l’axe structurant vélos »

    ??? pourquoi les vélos sur Gambetta et pas sur Agutte Sembat ?
    Les opposants ne voudraient pas reprendre l’idée « fameuse » pour ne pas dire « fumeuse » de Carignon, voulant aménager un tunnel payant sous Grenoble, que construirait son ami Bouygues ? et ils ne reprennent pas l’idée du tunnel sous la Bastille ?
    Bref, je ne vois pas à quoi servirait un moratoire, puisqu’il n’y a pas d’idées nouvelles dans les propositions, apparemment, si ce n’est déplacer sans raison l’axe vélocipédique qui ne serait plus relié aux axes existants.

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  4. Au jeu du balais, vu que les commerçants, le UQ concernées et le GAM s’entraînent de manière intensive au Curling depuis près d’un an dans un lieu tenu secret, on verra qui sera balayé en 2020.

    Mais la justice – administrative et pénale – s’en sera sans doute mêlée avant, ce qui n’empêchera pas le coup de balais quoiqu’il arrive.

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