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Street art : “Vies de Quetzal“, porte-voix des sans voix

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FOCUS – Le collectif de photojournalistes Vies de Quetzal mise sur le street art pour partager ses photographies, fruit de ses rencontres à travers le monde. A Grenoble, les premiers affichages sont prévus pour mars 2015. D’ici là, il est possible de soutenir ce projet via une campagne de financement participatif.

 

 

 

Et si très prochainement, au détour d’une rue, vous croisiez le regard de Cahora ? Si ce jeune guerrier papou pouvait, en un clic, prendre la parole et vous livrer, dans le même instant, un bout de sa vie à quelques milliers de kilomètres d’ici ? Ce pourrait être le cas, dès le mois de mars, grâce aux réalisations de Vies de Quetzal, un collectif de six photojournalistes qui mise sur le street art (art urbain) pour donner la parole aux voix minoritaires.

 

Cahora, jeune guerrier Papou - Crédit Clément Burelle

Cahora, jeune guerrier Papou – © Clément Burelle

 

Le concept est simple : orner les façades de la ville de photographies légendées. Autant de fenêtres ouvertes sur le monde, avec un lien renvoyant vers un témoignage. Les possesseurs de smartphone pourront, en effet, scanner le code barre à deux dimensions (code QR) associé pour accéder gratuitement à l’intégralité du reportage. Pour les autres, les reportages seront également accessibles sur le site du collectif.

 

« Selon diverses études, nous serions chaque jour exposés à environ 1 600 publicités. Ces photographies souhaitent aider à rétablir la balance entre le marketing et la philosophie » explique Clément Burelle, le porteur du projet, sur son blog. Une initiative qui rejoint, sans le vouloir, celle de la municipalité de Grenoble visant à limiter les panneaux publicitaires. Cependant, la mission que se donne Vies de Quetzal est beaucoup plus large, comme le laisse entendre la définition du terme Quetzal. « Il s’agit d’un oiseau d’Amérique latine, qui meurt lorsqu’il est en captivité. C’est sur cette symbolique de liberté que ce collectif s’est créé. »

 

 

 

Donner la parole aux voix minoritaires

 

 

 

"Vies de Quetzal" - Clément Burelle

“Vies de Quetzal” – © Clément Burelle

« J’aimerais que, via Vies de Quetzal, le voyage se convertisse en une manière d’agir. […] Notamment auprès des “voix minoritaires”, étant persuadé que leurs problèmes d’aujourd’hui sont nos solutions de demain » explique Clément Burelle. « Vies de Quetzal veut donner l’envie […] de croire en l’Homme, au partage, en nos points communs et au respect de la différence. » Et les voix minoritaires auxquelles le collectif souhaite donner la parole sont multiples : peuples indigènes, SDF, clandestins, enfants des rue mais aussi autistes…

 

Rodés aux voyages et aux photoreportages, les membres du collectif travaillent en étroite complicité avec les personnes rencontrées. « Nos reportages sont réalisés, la majeure partie du temps, via des ateliers photos. Ils permettent ainsi d’utiliser le langage universel de l’image, afin de donner la parole “aux sans voix” ».

 

Atelier photos au Cap Vert - © Clément Burelle

Atelier photos au Cap Vert – © Clément Burelle

 

Avant d’investir nos rues, c’est parfois au travers de l’art de rue que, sur le terrain, les échanges prennent forme. Comme en 2012, lors d’un troc culturel et atelier photo auprès des Indiens Guambianos en Colombie, ou encore lors d’ateliers intergénérationnels auprès des Indiens Tzutujil au Guatemala. 

 

 

 

Du financement participatif pour les prochains travaux

 

 

 

Deux réalisations test ont d’ores et déjà vu le jour en Espagne : « Couleur du vent » et « Fenêtres sur le monde ». En France, les premiers affichages sont prévus à Grenoble en mars 2015. Clément Burelle souhaiterait également investir les rues d’Annecy et de Lyon. Tandis que le reste du collectif s’oriente sur Nantes, Paris et Bruxelles.

 

 

"Fenêtre sur le monde" et "couleur du vent" - Clément Burelle

“Fenêtres sur le monde” et “Couleur du vent” – © Clément Burelle

 

 

Afin de pouvoir concrétiser de futurs reportages, le collectif lance une campagne de financement participatif sur Kisskissbankbank jusqu’à la fin du mois de février. De quoi permettre, à l’avenir, une certaine autonomie financière. La majeure partie de la collecte est destinée à l’élaboration d’une revue annuelle regroupant des photos, dont la vente permettra de financer les travaux de l’année suivante.

 

En attendant de croiser à Grenoble le regard d’autres citoyens du monde, la vidéo d’accroche donne d’ores et déjà un aperçu de la qualité des reportages à venir.

 

 

Delphine Chappaz

 

 

 

 

Clément Burelle, insatiable voyageur

 

C’est lui qui est parti à la rencontre de Cahora et de sa tribu, en Papouasie Nouvelle Guinée, en 2009 lors d’un de ses premiers voyages.

 

Clément Burelle a fait toutes ses études à Grenoble et y revient régulièrement pour un retour aux sources. Cet ancien snowboardeur professionnel aurait pu continuer à vivre de sa passion mais il aspirait à d’autres horizons, d’autres rencontres…

 

Clément Burelle - © Clément Burelle

Clément Burelle – © Clément Burelle

A 23 ans, il tourne alors la page et part sur les chemins. Insatiable voyageur, le sac à dos toujours à porté de mains, voilà six ans qu’il parcourt le monde. Il a fait du voyage une vraie philosophie de vie et s’implique activement dans de nombreux projets humanistes. « Vies de quetzal » n’est pas son premier coup d’essai.

 

En 2011, il a fondé l’association G4P avec son ami photographe et réalisateur Julien Masson. Aujourd’hui, G4P est un soutien logistique et financier pour de nombreuses actions, notamment auprès d’une école au Bénin et des femmes dans la province du Kivu, en République Démocratique du Congo.

 

Clément Burelle est actuellement basé à Las Palmas de Gran Canaria, en Espagne, et travaille comme photographe, cadreur et monteur freelance.

 

 

 

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